RMC Sport

Bartoli à qui perd gagne ?

Bartoli va-t-elle capitaliser sur sa belle quinzaine à Roland ?

Bartoli va-t-elle capitaliser sur sa belle quinzaine à Roland ? - -

Après sa belle quinzaine Porte d’Auteuil, conclue par une place de demi-finaliste, quelles peuvent être les retombées pour la Française ? Wimbledon, Fed Cup, sponsors : passage en revue de ce qui peut changer ou pas pour Marion Bartoli.

Wimbledon lui tend les bras…
Marion Bartoli sort à peine de sa demi-finale sur terre battue que Wimbledon se profile déjà à l’horizon. Un tournoi qu’elle affectionne pour y avoir atteint la finale en 2007. Mais elle reste prudente sur ses ambitions. « J’espère que ça va continuer ainsi, mais je sais que cela va passer par de l’entraînement et de l’humilité, glisse-t-elle. Pas uniquement en pensant que parce que j’ai bien joué ici, ça ira tout seul à Wimbledon. » Walter, son père et entraineur, voit dans le tournoi de sa fille l’embryon des succès à venir. « Ce sera une étape qui lui servira pour la suite, assure-t-il. Cela faisait longtemps qu’elle n’était pas allée aussi loin dans une deuxième semaine de Grand Chelem. Ça va l’aider à grandir. » Même les dirigeants de la fédération, avec qui elle entretient des relations complexes, l’imaginent progresser encore. « Quand on voit le tennis qu’elle est capable de pratiquer, elle a toutes les armes, s’enthousiasme Patrice Hagelauer, le DTN. On reste presque sur notre faim avec cette demi-finale. »

Toujours pas de Fed Cup en vue…
En dépit de ces bons résultats, ni Marion Bartoli, ni la FFT n’envisagent pour l’instant de renouer des liens rompus depuis 2004 et la finale de Fed Cup perdue face à la Russie. Même la perspective de disputer les Jeux de Londres ne fera pas bouger la Française, qui tient à ce que son père l’accompagne partout. « Chacun comprend la position de l’autre, assure-t-elle quand elle évoque la FFT. Je n’ai jamais changé de ligne de conduite, mais il y a des règles en équipe de France qui, pour l’instant, ne sont pas compatibles avec mon projet personnel. » La position fédérale est très similaire. « Les conditions ne sont pas réunies pour qu’elle vienne en Fed Cup, souffle Patrice Hagelauer. Son système de fonctionnement ne se marie absolument pas avec la vie d’un groupe. On respecte son côté un peu individualiste, qui la rend si bonne dans les tournois individuels. Mais une équipe, c’est autre chose. » Des discussions sont cependant en cours et les deux parties pourraient trouver un terrain d’entente dans les mois à venir.

Pas « bankable » pour autant…
Marion Bartoli n’a aucun contrat de sponsoring, juste un partenariat avec la marque Prince qui lui fournit ses raquettes. Elle s'habille en Nike mais s'achète elle-même ses tenues. Le concurrent Adidas a failli équiper Marion Bartoli, il y a quelques années, mais aucun accord n'avait été trouvé avec l'équipementier allemand, à la recherche de joueuses de dimension internationale et capable de provoquer du rêve chez les plus jeunes. Deux conditions que réunissent apparemment Caroline Wozniacki et Ana Ivanovic. Chez Lacoste, sponsor poids-lourd dans le tennis, on mise sur les marchés américains ou les pays de l'Est, comme avec la jolie Slovaque Cibulkova. Sur la France, la stratégie de la marque au crocodile s'articule autour de grands événements comme Roland-Garros ou sur de jeunes joueuses comme Mathilde Johansson ou Alizé Cornet. Selon un agent évoluant dans le tennis féminin, le manque d'attraction de Marion Bartoli est lié à son refus de jouer en Fed Cup en favorisant sa structure privée et familiale. Son manque de lisibilité dans les médias, de complicité avec le public et de collaboration avec la presse provoquerait une certaine appréhension chez les sponsors. Bartoli a également la réputation d'être assez exigeante sur le plan financier. Sur ce plan-là, au moins, ce n’est pas gagné…

Clement Zampa (avec L.C., L.B.)