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Bartoli, entre rage et tendresse

Bartoli, entre rage et tendresse

Bartoli, entre rage et tendresse - -

La Française réalise un petit exploit en se qualifiant pour les demi-finales de Roland-Garros. Retour sur les dernières minutes d’un match qu’elle n’est pas prête d’oublier.

Elle tenait à lui faire un bisou. Marion Bartoli a beau être sollicitée de toutes parts, quelques secondes à peine après sa qualification pour les demi-finales de Roland-Garros, elle attend sagement à la sortie du court que son père en ait fini avec les interviews. Quand elle vient enfin vers lui pour effleurer sa joue, le contraste avec la hargne qu’elle a dégagée sur le court tout au long de la rencontre est saisissant.
Après chaque point, Marion Bartoli jette toujours un regard vers son clan. Surtout vers son père. Contrairement à la plupart des autres joueuses, ce n'est pas du réconfort qu’elle vient chercher dans ces moments-là. Mais un regard où déverser sa rage. « J'ai eu du mal à conclure ce match, avoue-t-elle. Mais je m'entraîne dur tous les jours avec mon père. Ce match, on l'a gagné tous les deux. » Avec aussi cette auto-motivation constante qui la caractérise.

« J’ai la chair de poule »

Au fond du terrain, Marion Bartoli sautille sur place entre les points, à la manière d'un boxeur. Elle fait des gestes, répète ses coups dans le vide. Même entre deux services de son adversaire. Quand elle en a besoin, elle n'hésite pas non plus à faire appel au public, comme lorsqu’elle mène 5-4 dans le second set, alors que son adversaire vient de remporter deux jeux de suite. « Merci au public, qui a été formidable, glisse-t-elle au micro du court Suzanne-Lenglen après sa victoire. En demies, contre Schiavone, je devrai garder la même attitude, ne penser qu'à la victoire. Mais avec un tel public, je ne vois pas comment je pourrais ne pas gagner. »
Son regard se fait encore plus déterminé, plus intense, plus hargneux. Un regard et une attitude qui font qu'aujourd'hui, le public de la Porte d’Auteuil aime cette championne. « J'ai la chair de poule », assure-t-elle. Roland-Garros aussi.

Clément Zampa