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Bartoli : « J’ai eu ma chance »

Marion Bartoli n'a pas réussi à se qualifier en finale.

Marion Bartoli n'a pas réussi à se qualifier en finale. - -

Battue (6-3, 6-3) par Francesca Schiavone en demi-finale à Roland-Garros, la Française regrette les occasions perdues, même si elle reconnaît la supériorité de l’Italienne. Et tire un bilan forcément positif de sa quinzaine : elle fera son retour dans le Top 10 dès lundi.

Marion Bartoli, comment expliquez-vous cette défaite en deux sets ? Vous aviez pourtant bien démarré cette demi-finale…

J’ai plutôt bien géré la pression, c’est vrai. Jusqu’à 3-3, c’était serré. Elle a joué intelligemment, mais je suis sûre que si j’étais parvenue à garder mon service à 4-3, j’aurais pu m’accrocher. Il y avait vraiment beaucoup de vent. Je n’ai pas joué un mauvais match, c’est elle qui a été très bonne. Le vent enlevait de la terre battue, ses effets étaient de plus en plus gênants. Physiquement, c’était plus dur pour moi que lors des autres matchs. J’ai dépensé beaucoup d’énergie, cela m’a sans doute coûté quelques points-clefs qui ont fait tourner la partie en sa faveur. 

Avez-vous des regrets ?

Un peu, forcément. J’ai eu ma chance aujourd’hui. Mais j’ai été rattrapée par une certaine fatigue.

Quel bilan tirez-vous de ce Roland-Garros ?

J’ai fait de gros progrès physiques. Je suis arrivée ici avec une confiance supérieure par rapport aux années précédentes, où j’étais prise par le doute et la peur de mal faire. J’ai pris le défi à bras le corps. La finale que j’ai atteinte à Strasbourg m’a aidée mentalement. Le fait d’avoir passé deux mois sur terre battue m’a aussi permis de trouver des repères. Même si ça reste ma moins bonne surface, malgré cette demi-finale. J’ai vécu de très grandes émotions sur le court durant ces deux semaines. D’habitude je suis seule avec mon père, là il y avait mon grand-père, mon oncle, mon frère, ma mère... C’est une grande satisfaction pour moi. Sans compter le fait d’avoir reçu beaucoup d’amour de la part du public.

« Pas de guerre ouverte avec la Fédération »

Est-ce un tournant dans votre carrière ?

C’est un peu tôt pour le dire. Il va falloir que je me serve de la défaite pour progresser, continuer à m’améliorer. Il y a eu une forme de déblocage mental, et cela va m’aider pour la suite.

Comptez-vous vous ouvrir davantage désormais, sachant que vous n’aviez jamais été aussi médiatisée ?

Si les gens m’ont appréciée, c’est pour mon jeu et mon attitude sur le court. Je ne fais pas ce sport pour le nombre d’articles ou de publicités que je peux avoir. Je ne pense pas que les gens soient intéressés par ce que je mange au petit déjeuner, par exemple. Maintenant, je n’ai pas de problème avec la popularité, je vois ça de façon positive.

N’est-ce pas le bon moment pour entamer un rapprochement avec la Fédération française de tennis en vue des Jeux Olympiques de 2012 (elle n’a plus joué en équipe de France depuis 2004, ndlr) ?

Mais les relations sont excellentes ! Il n’y a pas de guerre ouverte, pas de conflit. Chacun comprend la position de l’autre. Je n’ai jamais changé de ligne de conduite, mais il y a des règles en équipe de France qui, pour l’instant, ne sont pas compatibles avec mon projet personnel.

Propos recueillis par Rodolphe Massé