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Bartoli : « Mon corps dit stop »

Eliminée dès le 1er tour de Roland-Garros, Bartoli s'inquiète sur son état de santé

Eliminée dès le 1er tour de Roland-Garros, Bartoli s'inquiète sur son état de santé - -

La numéro un française Marion Bartoli, éliminée dès le premier tour de Roland-Garros, tire la sonnette d’alarme concernant son état physique depuis plusieurs mois.

Marion Bartoli, votre impression sur votre sortie dès le premier tour de Roland-Garros ?
Je crois que c’est les aléas du sport, si tout était écrit à l’avance, ce serait facile. Maintenant, j’ai eu beaucoup de mal à encaisser la saison l’année dernière, qui m’a beaucoup coûtée au niveau de l’énergie, de la fatigue. Dès le début de la saison, je me suis sentie très fatiguée, je continue à ressentir cette fatigue permanente qui m’empêche de me préparer de la façon dont je voudrais le faire. Voilà, je vais essayer de profiter de ces quinze jours pour passer des examens, voir ce qu’il en est et en fonction de ça, je prendrais des décisions.

Vous saturez, vous avez besoin de souffler, c’est quoi exactement ?
Non, je ne suis jamais saturé. Mais je crois qu’à un moment donné, mon corps dit stop. Pourtant dieu sait que j’essaie de ne pas vraiment m’écouter et de toujours regarder vers l’avant, de rester positive. Mais à un moment donné, même lorsque pour les choses les plus simples de la vie courante, que je suis à la maison, que je n’ai pas une journée d’entraînement, je n’arrive même pas à me lever et une fois debout, il faut que je me recouche, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas. On ne peut pas vraiment dire que c’est psychologique ou que je refuse les défis qui se présentent à moi, je pense qu’il y a autre chose. Dans la mesure des choses où cela fait cinq mois que ça dure, que je ne sais pas exactement ce que je sais, oui c’est inquiétant, surtout que je n’arrive pas à m’en sortir.

On a l’impression que c’est un peu le même syndrome qui frappe Richard Gasquet. Après deux grosses saisons en 2007, les choses ne se passent pas bien pour vous en 2008…
Je ne sais pas ce qu’a Richard. Il faudrait peut-être que je parle avec lui pour voir s’il souffre des mêmes choses que moi. Il y a peut-être un parallélisme dans la fatigue qu’on ressent et le mal qu'on a à enchaîner après une grosse saison. Je crois que c’est un peu identique. On est jeune et la saison dernière nous a beaucoup coûté. Richard comme moi n’avions jamais atteint des finales ou des demies de Grand Chelem. On n’était jamais entré dans le Top 10 et il a fallu cravacher dur pour y arriver. Derrière, le boomerang est revenu plus vite qu’on ne l’avait lancé.

C’est trop dur, trop compliqué d’être dans le Top 10 ? Compliqué à gérer et difficile de rester à ce niveau-là ?
Je pense que ça dépend de chacun, de la dose de travail dont on a besoin pour arriver à ce niveau-là. Pour ma part, j’ai besoin de beaucoup travailler et de pousser la machine vraiment à 100 % pour y être. Et je l’ai poussé l’an dernier au bout, vraiment, pendant plusieurs mois d’affilée, tous les jours et cette année je n’arrive plus à le faire. Même quand je le veux. Alors peut-être que lorsqu’on a des qualités physiques supérieures à la moyenne et qu’on a moins besoin de travailler, c’est plus facile. En revanche, quand on a besoin d’être à 100 % tous les jours, comme moi, c’est très dur.

Eric Salliot et Alix Dulac