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Dominguez : « L’ATP a aseptisé le jeu »

Patrice Dominguez

Patrice Dominguez - -

Serhiy Stakhovsky sanctionné d’une amende pour avoir pris une photo d’une trace de balle, Benoit Paire qui écope d’un point de pénalité pour coaching et contestation : l’ATP ne pardonne plus les débordements des joueurs de tennis, selon Patrice Dominguez. Au détriment du spectacle.

« La limite est toujours difficile à installer. La ligne jaune est là, mais peut-on la franchir ? Il y a eu beaucoup d’excès par le passé dans les années 70-80 avec des joueurs qui jouaient beaucoup sur l’intox. On peut parler de John McEnroe, Jimmy Connors, Bob Hewitt ou Yannick Noah également, connus pour leur caractère bien trempé. Donc on a beaucoup aseptisé le jeu. Pour calmer ces travers, un code s’est mis en route, et on peut le regretter. C’est entièrement verrouillé.

Un joueur de tennis est taxé de 1500 dollars s’il ne va pas en conférence de presse, sauf cas exceptionnel. Tout est codifié. Et si la sortie verbale ne plait pas à l’ATP en conférence de presse, c’est encore une amende. Mais il faut comprendre que le tennis revient de loin parce qu’à un certain moment, il y a eu des débordements. Des joueurs refusaient de répondre aux questions des journalistes, ne faisaient pas le métier proprement. Tout a été codifié. En aseptisant de cette façon, c’est moins fun que ça l’a été. Mais les grands champions font valeur d’exemple : Federer ou Nadal n’enfreignent jamais les règles. 

« Je n’excuse pas Benoit Paire »

Dans les incidents qu’on a vus cette semaine, celui de Serhiy Stakhovsky est une sorte de provocation au corps arbitral. Il l’avait déjà fait dans un tournoi mineur, mais il n’avait pas pris d’amende à ce moment-là. A Roland-Garros, j’ai trouvé ça assez amusant sur le moment. Mais lui, c’est un syndicaliste, il discute dans les vestiaires, c’est un élu de joueurs, il défend tout le temps des intérêts. C’est un caractère, donc l’ATP l’a un peu dans le collimateur et ils lui ont mis une amende. J’ai trouvé ça sévère, ce n’était pas méchant, ça faisait partie du spectacle. Si tous les sportifs se mettaient à prendre des photos après un but ou un essai, ça poserait sans doute des problèmes, mais ce n’est pas le cas.

J’ai trouvé le point de pénalité contre Benoit Paire déplacé. Je ne l’excuse pas, il avait cassé sa raquette donc il avait déjà pris un avertissement. Mais il n’y a pas eu d’avertissement donné à l’entraineur préalablement à cause de coaching. Le coaching est interdit, tout le monde le sait mais personne ne le respecte. Pourquoi ? Parce qu’il est impossible de le respecter ! C’est facile d’instaurer des codes entre joueur et entraineur : se gratter la tête pourrait signifier jouer coup droit, se tirer l’oreille voudrait dire jouer revers, etc. Et là, sur balle de set, l’arbitre a donné ce point de pénalité à Benoit Paire, ce qui l’a mis hors d’état de jouer. Paire a déclaré qu’il ne l’aurait sans doute pas donné à un Top 5. Il a sans doute raison. »

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