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Federer : « J’ai vu des signes… »

Federer brandit la Coupe des Mousquetaires, remportée dimanche sur le Court Central de Roland-Garros, en finale contre Söderling (6-1, 7-6, 6-4). A 27 ans, le Suisse s'impose pour la première fois lors du rendez-vous majeur sur terre battue.

Federer brandit la Coupe des Mousquetaires, remportée dimanche sur le Court Central de Roland-Garros, en finale contre Söderling (6-1, 7-6, 6-4). A 27 ans, le Suisse s'impose pour la première fois lors du rendez-vous majeur sur terre battue. - -

Roger Federer a remporté contre Robin Söderling (6-1, 7-6, 6-4) son premier « Roland » à 27 ans, aux termes d’une quinzaine qui a multiplié les clins d’œil annonciateurs du triomphe du Suisse.

Roger Federer, racontez-nous ce dernier jeu où vous étiez au service pour le gain du match…
Je n’ai jamais peur de servir pour le match ou le set. Je sais que le meilleur des deux joueurs sert généralement pour le match. Mais là, c’était tellement émouvant. J’espérais servir quatre fois et que ce soit plié, mais ça se passe rarement comme ça. J’ai essayé de rester agressif et intelligent sur mes choix, mais j’ai un peu retenu mes coups, comme sur ce coup droit à 30-30. Ce sont des choses difficiles à faire à cet instant du match. Mentalement, je n’étais plus là. Je ne me voyais pas encore gagner, mais j’étais tellement content d’être dans cette situation là. Il me fallait rester calme. Y être arrivé est quelque chose de magique.

Qu’avez-vous fait hier soir ? Comment avez-vous préparé votre match ?
Hier soir, j’ai regardé tranquillement mes matches avec Söderling à Madrid et à Bercy pour voir ce qu’il faisait de bien et de moins bien. J’ai mangé avec Mirka dans la chambre. Tranquillement, au calme.

Qu’est-ce qui est le plus impressionnant dans ce que vous avez réalisé dimanche : les quatorze victoires dans un tournoi du Grand Chelem ou le fait d’avoir remporté au moins une fois un des quatre tournois du Grand Chelem ?
Les deux sont très difficiles, mais peut-être est-il un peu plus facile aujourd’hui de gagner les quatre tournois du Grand Chelem parce qu’il y a trente ans, le gazon et le dur étaient plus rapides. Aujourd’hui, on a plus de joueurs mixtes.

Vous avez attendu d’avoir 27 ans pour remporter Roland-Garros…
La satisfaction est encore plus grande. Mon premier Wimbledon en 2003 a été un choc. Après, il y a eu la pression, le Court Central, les conférences de presse, les sponsors, l’argent, la notoriété. Tout ça a changé ma vie. Mais aujourd’hui, la satisfaction est énorme après avoir été si près tant de fois.

Acceptez-vous maintenant d’apporter un commentaire sur la défaite de Rafael Nadal ?
Je savais que les chances étaient plus grandes que les années précédentes, parce que le bilan de nos face-à-face est dur pour moi. Je savais que mes chances augmentaient mais je n’étais pas content de le voir perdre. Je savais que la presse m’attendait là-dessus. Je voulais que les gens gardent le respect pour Rafael et pour ce qu’il a fait ici les quatre dernières années. Ça montre combien il est difficile de remporter cinq fois le même tournoi.

Quel futur pour Robin Söderling ?
Il a ses chances sur surfaces rapides parce que c’est là qu’il a eu ses principaux succès, notamment en salle. L’US Open, Wimbledon sont des surfaces qui devraient lui convenir. Maintenant, il faut enchaîner.

Avez-vous douté au cours des quatre dernières saisons ?
J’ai toujours cru à ma chance ici, même si j’ai perdu quatre fois, c’était serré. Jusqu’à mes derniers jours de tennisman, j’ai cru en mes chances ici.

Imaginiez-vous gagner ici ?
Je n’avais pas d’image de victoire, parce que mon rêve c’était Wimbledon. Ici, c’était un espoir. Je n’avais pas d’image.

Avez-vous traversé la semaine la plus longue de votre vie ?
Certainement. C’était comme quatre finales, ces matches contre Monfils, Haas, Del Potro et pour finir Söderling. La pression était extrême, les gens voulaient tellement que je gagne. C’était difficile de gérer tout ça. Je suis très fatigué. Il me faudra du temps pour digérer cette victoire, parce que ce qui m’est arrivé ici est un peu surprenant.

Avez-vous vu des signes annonciateurs de votre victoire ?
Oui. Avec la façon dont j’ai gagné les matches contre Acasuso, Haas, je me suis dit que c’était peut-être la bonne année. Il y a eu aussi les défaites de Djokovic et Nadal qui ont augmenté mes chances. J’ai vu que j’étais passé tellement prêt de la défaite. Il fallait mettre les chances de mon côté, comme avait fait Agassi à son époque.

La rédaction - Rodolphe Massé