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Federer se sent comme chez lui à Paris

Le Suisse, jamais en réussite à Roland-Garros, est devenu le looser chouchou du public parisien, qui souhaite le voir enfin décrocher la timbale.

Le Suisse, jamais en réussite à Roland-Garros, est devenu le looser chouchou du public parisien, qui souhaite le voir enfin décrocher la timbale. - -

En dépit de ces échecs répétés à Roland-Garros, le Suisse est devenu l’un des chouchous du public parisien, qui souhaite le voir enfin triompher Porte d’Auteuil.

S’il a regardé le match entre Gaël Monfils et Roger Federer, Rafael Nadal a dû l’avoir mauvaise. Quelques jours après avoir sombré face au Suédois Robin Soderling, soutenu par le public de Roland-Garros, l’Espagnol a pu constater que le Suisse bénéficiait à Paris d’un traitement de faveur.

Dans un match qui l’opposait pourtant à un Français, le n°2 mondial n’a pas vraiment eu l’impression de jouer à l’extérieur. Gaël Monfils a parfaitement résumé la situation à l’issue de sa défaite en quart de finale : « Ce qui est dur, c'est que le public respecte beaucoup Roger. Les gens ont du mal à se lâcher. A 4-4 au troisième, ils s'y mettent un peu, mais c'est trop tard. C'est plus dur que dans d'autres matches parce qu'ils veulent que Roger gagne le tournoi. L'aide du public m'aurait aidé, mais je peux comprendre leur réaction. » Mercredi lors du face-à-face Monfils – Federer le public du court Philippe-Chatrier était partagé. D’un côté la volonté de voir un Français s’imposer pour la première fois depuis 1983. De l’autre, le souhait d’assister au premier sacre d’un monstre de l’histoire du jeu dans le seul Grand Chelem qui manque encore à son palmarès.

Roger Federer a bien conscience qu’il bénéficie d’un statut privilégié. En excellent diplomate qu’il est, le Bâlois fait tout pour conserver cet appui : « Le public français a été juste. Il a soutenu Gaël mais moi aussi. J’ai le sentiment que j’ai été adopté par ce public. Je voudrais le remercier pour cela. Je vais essayer de lui offrir encore du bon tennis. » Les échecs répétés du Suisse à Roland-Garros en ont un fait l’un des chouchous du public parisien à l’image d’un Pete Sampras qui bénéficiait lui aussi d’une belle cote de popularité. Federer le ressent si fort cette année qu’il a l’impression d’évoluer à domicile : « Je sens ce soutien depuis quelques années ici mais cette année c'est démultiplié. Que ce soit dans la rue, au restaurant, sur un scooter, tout le monde me dit que c'est mon année. C'est incroyable, tout le monde suit le tournoi ici. On n'a pas de tournoi du Grand Chelem en Suisse, je me sens comme chez moi ici. » Toni Nadal, qui a qualifié sur les ondes d'une radio espagnole le public parisien de « stupide » après la défaite de son neveu, doit en pâlir de jalousie.

La rédaction - Vincent Davoli