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Gicquel, le papy ne se rend pas

Marc Gicquel

Marc Gicquel - -

A 34 ans, le Français tentera ce vendredi de s’extraire des qualifications des Internationaux de France. Ce sera face au Tchèque Rosol, contre qui il avait gagné un match sulfureux la semaine passée à Bordeaux. Chaud devant !

« Un truc de fous, on se serait cru à l’école de tennis. Le mec entourait des fausses marques sur la terre battue, effaçait les bonnes… ». Dix jours après, Thierry Ascione, l’entraîneur de Marc Gicquel depuis février, n’en revient toujours pas. Au départ, un banal premier tour du tournoi Challenger de Bordeaux face au Tchèque Lukas Rosol, grand échalas (1,96m) de 25 ans que le doyen des joueurs français n’avait encore jamais rencontré. Et pour cause ; le garçon, qui plafonne à la 116e place mondiale, n’a joué que dix matchs sur le circuit principal. 

Le match tourne d’abord à l’avantage du natif de Brno, qui aura même deux occasions de conclure à 5-0 dans le dernier set. Gicquel les annule, la rencontre change d’âme. « A partir de 5-2, quand Marc a sauvé sa deuxième balle de match, c’est devenu la guerre », poursuit Ascione. Un bras de fer intense, où manifestement tous les coups sont permis. « Heureusement, l’arbitre était bon », souffle l’ancien n°37 mondial, qui s’imposera au jeu décisif du troisième set (3-6, 6-4, 7-6) avant de remporter l’épreuve dans la foulée.

« Je remercierai Rosol longtemps, confie Ascione. Cet abruti (sic) aura fait du bien à Marc Gicquel. » Les retrouvailles avec l’ « abruti » n’auront donc pas tardé. Elles s’annoncent d’autant plus explosives - Gicquel est lui aussi réputé pour sa forte personnalité - que l’enjeu est d’une toute autre importance : une place dans le grand tableau de Roland-Garros et un chèque d’au moins 15 000 euros, un pécule considérable pour des joueurs davantage habitués à la deuxième division du circuit.

En conséquence, les organisateurs des Internationaux de France devraient désigner un arbitre expérimenté pour éviter que la partie ne dérape. Quand il a appris l’identité de son adversaire, Gicquel n’a pu réprimer une moue qui en disait plus qu’un long discours… « C’est un match comme un autre », a-t-il tenté, pas plus convaincu que ça. Avant d’avouer : « Il faudra faire abstraction de ce qu’il s’est passé. Je sais comment il est, à moi de passer au dessus de ça. » Vu l’intrigue, il devrait y avoir du monde ce vendredi pour la dernière séance des qualifs…

JFP avec ES, à RG