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Loit : « La roue tourne »

Pas gâtée en début de saison, Emilie Loit a bataillé pour dominer Zi Yan (1-6, 6-4, 8-6) lors du premier tour de Roland-Garros. La joueuse, si elle avait perdu, envisageait de mettre un terme à sa carrière.

Emilie Loit, quel est votre sentiment là, tout de suite, après avoir dominé la Chinoise Zi Yan ?
C’est exceptionnel, exceptionnel. Je suis vraiment ravi aujourd’hui, contente après tous ces moments difficiles vécus en début d’année, avec peu de matches gagnés sur le circuit, seulement deux d’ailleurs. Derrière, je fais une préparation plutôt cool, plutôt relax, c’est pour ça que je suis d’autant plus contente d’avoir gagné aujourd’hui.

Que se passe-t-il sur la balle de match ?
Je me lâche complètement. Finalement, j’avais le secret espoir de passer ce premier tour. Mais avec la préparation que j’ai faite, j’y croyais moyennement à vrai dire. Cependant, plus le match avançait plus je me sentais bien physiquement. Je sentais que je commençais à l’accrocher au deuxième set. Au troisième, on était quasiment à égalité. Puis je mène 5-3 et je me dis finalement que j’ai de la chance, que je peux aller au deuxième tour de Roland. J’ai vraiment lâché les chevaux sur la balle de match. C’était limite une délivrance car quelque part, je mène 5-3, je retombe dans mes travers, je stresse énormément, je n’arrive plus à servir et là je me dis que c’est mon dernier Roland-Garros, que je vais finir avec la même note, avec tout ce qui m’a fait défaut dans ma carrière. Dur… Du coup, je suis d’autant plus fière d’avoir gagné à l’arraché.

Vous auriez pu, en cas de défaite, mettre un terme à votre carrière ?
Oui, je pense. Ça m’a traversé l’esprit. A la fin, j’ai pensé à énormément de choses négatives à partir de 5-5. C’est un petit signe du destin que je m’en sorte. A la limite, la roue tourne, ça fait du bien même si j’ai bien conclu ce match. Je pense que si j’avais paumé cette rencontre, cela aurait été très très difficile en effet.

Vous êtes blasée ?
Ça fait douze ans que je suis sur la route. Faire son sac tous les jours, ça devient de plus en plus difficile. En plus de cela ? quand on ne gagne pas, c’est compliqué, c’est pourquoi j’ai fait très très peu de tennis ces derniers temps. Peut-être que ça va me redonner le goût pour repartir mais je ne sais pas… Je ne pense même pas à l’après-Roland, j’essaie de vivre ce moment à fond et puis on verra bien ce qui se passera après.

La retraite de Justine, ça vous a parlé au moment où vous l’avez apprise ?
Ouais un petit peu. Quelque part, j’étais un petit peu envieuse parce que c’est une décision qui est très difficile à prendre et qu’elle a eu le cran de prendre ce genre de décision. On est sur le circuit, on sait ce qu’on a. Après, une fois qu’on l’a quitté, c’est beaucoup plus compliqué de savoir ce qu’on veut faire. J’espère que le jour où je prendrais cette décision, je réagirais de la même façon qu’elle, c’est-à-dire avec beaucoup de dignité.

La rédaction - Alix Dulac et Eric Salliot