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Où sont les femmes ?

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La deuxième semaine des Internationaux de France de Roland-Garros se déroulera sans la moindre joueuse française. Un échec inquiétant mais pas vraiment surprenant. Explications.

L’histoire a une fâcheuse tendance à se répéter. Comme en 2008 et 2010, aucune joueuse française ne sera présente en deuxième semaine à Roland-Garros. L’élimination de Mathilde Johansson, vendredi, face à l’Américaine Sloane Stephens au 3e tour, a sonné le glas des espoirs tricolores du côté de la Porte d’Auteuil. Ce nouveau fiasco n’est malheureusement pas une énorme surprise : « En dehors de l’éclair de Razzano contre Serena Williams, on se doutait bien qu’on n’aurait plus beaucoup de Françaises en fin de semaine », déplore l’ancien DTN, Patrice Dominguez.
Preuve que l’âge d’or du tennis féminin bleu-blanc-rouge est bel et bien révolu, cet échec sur terre battue annonce aussi l’absence quasi-certaine de joueuses françaises, cet été, sur le gazon londonien pour les JO. Malgré son rang de numéro 8 mondiale, Marion Bartoli, éliminée au 2e tour par Martic au 2e tour, est en effet opposée à la FFT (même si elle a récemment fait la « paix » avec le président, Jean Gachassin) et ne traversera pas la Manche.

Pitkowski : « Il va falloir être patient »

Cette défection met en lumière la difficulté de gérer un tennis à deux vitesses. Celui défendu par la Fédération. Et les joueuses encadrée par une structure individuelle, et souvent familiale : « Concernant Bartoli, c’est une aventure personnelle, familiale et individuelle, poursuit Patrice Dominguez. Il existe plusieurs systèmes pour réussir mais il faut avant tout une bonne dose de talent. » Ex-29e joueuse mondiale, Sarah Pitkowski va plus loin. « On a voulu copier des modèles à droite et à gauche, or il ne faut pas le faire, assure la consultante RMC Sport. Il y a un savoir-faire français. Il doit revenir à l’ordre du jour. Il faut savoir créer une émulation. Quand il y avait 9 joueuses parmi les 50 meilleures mondiales, chacune avait sa propre structure mais il y avait une émulation de groupe. Cela permet de décomplexer les joueuses. »
Pour l’ancienne joueuse, l’avenir du tennis féminin tricolore ne s’annonce par forcément plus convaincant : « Il va falloir être patient car la maturité des joueuses arrive plus tard. Il faut prendre cela en considération et travailler davantage sur la longueur plutôt que d’essayer de sortir des joueuses très, très tôt. Prenons notre temps pour bien construire les bases. Le plus dur est le passage du circuit junior à sénior. »