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Rezaï : « Le début d’un long chemin »

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Aravane Rezaï s’est qualifiée pour les huitièmes de finale de Roland-Garros en battant la jeune et surprenante Portugaise Michelle Larcher de Brito.

Aravane Rezaï, qu’est-ce que cela représente pour vous d’être qualifiée pour les 1/8es de finale de Roland-Garros ?
Je suis vraiment émue. Je n’avais encore jamais gagné sur le court Philippe-Chatrier. Pour moi, c’est incroyable.

Face à Larcher de Brito, on a assisté à un vrai combat…
Oui, c’était un gros match. Un match piège car elle ne valait pas son classement (132e). Elle est très jeune (16 ans, ndlr) et voulait me battre. De mon côté, j’avais tout à perdre. Mais je me suis battue et j’ai gagné ce match.

Vous êtes l’une des dernières françaises encore en course…
On apprend tous les jours. Il y a beaucoup de journalistes à la conférence, ça me touche énormément. Cela signifie qu’on s’intéresse à moi. C’est le résultat du travail accompli. J’espère que cela continuer.

Êtes-vous sur la lancée de votre victoire à Strasbourg…
Oui, j’essaie de garder mes habitudes d’avant-match, c’est-à-dire de faire le vide dans mon esprit. J’essaie de m’amuser, d’être heureuse avant de jouer. Et d’être en famille ou avec mes amis lors des jours de repos. C’est ce qui fait la différence.

Il y avait une volonté de votre part de ne pas vous laisser impressionner par votre adversaire…
Elle m’a impressionnée. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle joue comme ça. Elle avait une bonne défense. Elle attaquait très bien. C’est un nouveau jeu sur le circuit. Elle a vraiment du talent et peut aller très loin

Elle poussait néanmoins des cris terribles sur le court. Comment avez-vous ressenti cela ?
C’est vraiment pénible. J’ai essayé de me plaindre auprès de l’arbitre, mais ça n’a pas changé grand-chose. Ça déconcentre vraiment. J’ai essayé d’être dans ma bulle. Il y a des matches qui se jouent sur rien du tout. Je trouve qu’elle abuse de ses cris pour pouvoir gagner les matches difficiles. Elle a une attitude différente des autres joueuses. Elle a un manque de fair-play et doit beaucoup apprendre à ce niveau-là. Peut-être qu’avec le temps, ça changera. Car elle est tout de même très, très talentueuse…

Qu’est-ce qui a changé depuis vos débuts ?
J’ai grandi. J’ai plus d’expérience. J’ai appris plein de choses. Je sais mieux gérer tout ce qui m’entoure. J’arrive à prendre du plaisir et à réagir différemment entre les points et entre les matches. Aujourd’hui, je réalise que je suis bien dans ma tête.

Y-a-t-il une certaine fierté à figurer parmi les dernière française encore en course ?
Oui, je suis contente. Les regards vont être sur moi. Ça me fait plaisir. J’espère que cela va continuer et que ce n’est que le début d’un long chemin avec de grandes victoires.

La rédaction - Rodolphe Massé