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Roland-Garros : Echec et femmes ?

Alizé Cornet

Alizé Cornet - -

Si l’absence de joueuse française en 2e semaine à Roland-Garros est un échec indiscutable, l’avenir du tennis féminin tricolore ne s’annonce pas si morose. Explications.

La défaite expéditive de Marion Bartoli face à Francesca Schiavone, samedi en 16e de finale, a donc sonné le glas des espoirs du tennis féminin tricolore à Roland-Garros. Aucune des onze joueuses françaises engagées au début du tournoi ne sera présente en deuxième semaine. Comme l’année dernière. Pas très glorieux. « Bien sûr, j’aimerais les voir aller plus loin ici, mais aussi dans les autres tournois du Grand Chelem, reconnait Amélie Mauresmo, capitaine de l'équipe de France de Fed Cup. Sur cette édition, le niveau a parlé. On espère redonner une dynamique positive au tennis féminin en France. »

En dépit de ces résultats très décevants, à la Fédération Française de Tennis, on tient à rester optimiste. Certains maux ont été détectés. Et des solutions ont été trouvées. Alexandra Fusai, responsable du haut niveau féminin, s’en explique : « En terme de densité, il y a eu une période de creux parmi les 100 meilleures joueuses mondiales. Des choix ont été faits vers l’élitisme. Aujourd’hui, on travaille plus sur les jeunes. On sait qu’elles doivent être au niveau international dès l’âge de 12-13 ans. Il y a certains temps de passage à respecter, or on n’y est pas toujours. On prend conscience de ça. »

Pitkowski : « On ne construit pas une championne en cinq ans ! »

Sarah Pitkowski va dans le même sens. « Le chemin sera encore long, estime l’ex-n°29 mondiale et membre de la Dream Team RMC Sport. Ça ne fait que 4-5 ans que la FFT travaille véritablement sur le tennis féminin français. Et on ne construit pas une championne en cinq ans ! Il faut au minimum une grosse dizaine d’années. On doit donc s’attendre à encore quelques années de disette mais après, on peut avoir une bonne surprise avec nos deux jeunes, Kristina Mladenovic et Caroline Garcia. »

Car l’éclaircie du tennis féminin ne se limite pas à sa politique de jeunes. Si Kristina Mladenovic (20 ans, 46e mondiale) et Caroline Garcia (19 ans, 114e) ont été toutes les deux éliminées au tour précédent, leur talent laisse augurer de beaux jours. Tout comme la prestation d’Alizé Cornet face à Victoria Azarenka, numéro 3 mondiale (4-6, 6-3, 6-1). « Elle a rivalisé de belle façon avec une des dix meilleures joueuses mondiales, souligne Mauresmo. Elle approche du top 20 (elle est 27e au classement WTA) et n’a que 23 ans ! Elle est encore jeune. » Et expérimentée puisqu’il s’agissait déjà de son 9e Roland-Garros. Si on ne contredira donc pas Sarah Pitkowski lorsque celle-ci affirme que « les jeunes joueuses qui pourraient incarner la relève du tennis français ne sont pas encore là », le tennis féminin français a peut-être fini de manger son pain noir. 

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A.B avec C. G et R.M