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Roland-Garros: Les joueurs, informés d’une "bulle" hôtelière, craignent le huis-clos

En pleine "bulle" new-yorkaise, les joueurs s'inquiètent des conditions pour disputer le prochain Roland-Garros.

Même s’ils sont dans leur bulle new-yorkaise, les joueurs se projettent déjà sur Roland-Garros, du 27 septembre au 11 octobre. Il faut penser aux différentes réservations. Lors de leur dernière communication officielle – via une conférence call – Bernard Giudicelli avait balayé l’idée d’une bulle. C’était bien avant les événements de l’US Open. Dans un Facebook live organisé mardi soir pour sa campagne, le Président de la FFT s’est montré évasif sur le sujet.

Pourtant, d’après nos informations, la décision est prise: les joueurs seront cantonnés dans deux grands hôtels parisiens. Mais il semble que les lieux ne soient pas privatisés. Donc, la notion de bulle étanche semble écartée. Ces deux établissements accueilleront tous les joueurs, y compris les Français qui sont domiciliés dans les alentours de stade (NDLR: Ils sont nombreux à habiter à Boulogne-Billancourt, à proximité de Roland-Garros et du centre national d'entraînement de la FFT). Autre mesure: impossible de louer des appartements. Et il n’y aura que deux accompagnants par joueur.

Interrogé mardi par RMC Sport, Jérémy Chardy a accusé le coup. "Roland, c'est mon tournoi favori, disait-il. D'habitude, je prends un grand appartement pour partager des moments avec ma famille et ce ne sera pas possible cette année. Et puis, je ne vois pas comment il y aura des supporters... Je pense qu’on sera dans le même cas de figure qu’ici. C’est mon sentiment. Même dans la bulle ici, Benoît a été infecté. Avec du public, c’est difficile de contrôler tout le monde."

Le Palois n’a pas d’information, c’est simplement son feeling. Et la théorie d’un huis-clos – ou d’une jauge grandement réduite - prend soudain de l’épaisseur. D’autant que Milos Raonic, l’un des intellectuels du circuit, a pointé du doigt la faiblesse des Internationaux de France.

Raonic: "impossible de ne pas croiser des fans dans les allées"

"La seule chose qui me préoccupe, c'est la présence de 20 000 fans, a déclaré le Canadien en conférence de presse. D’après ce que j'ai entendu, ils ont déjà vendu des billets. À moins qu'ils ne prévoient de changer complètement l'organisation du lieu de compétition, il est difficile de se rendre aux entraînements ou d'assister aux matches sans croiser des dizaines, voire des centaines de personnes dans les allées… C'est pour moi la plus grande préoccupation, surtout si l'on considère le pic du coronavirus qu’il y a actuellement dans toute la France. Il est difficile d’envisager que la situation va évoluer favorablement dans quatre semaines ou avant le début de Roland-Garros."

La psychose du cas de Benoît Paire, déclaré positif à l’US Open et sorti du tournoi, peut avoir de graves conséquences sur le Grand Chelem parisien, qui avait déplacé ses dates en espérant que la pandémie ne soit plus qu’un mauvais souvenir. A 19 jours du coup d’envoi des qualifications, la situation est inquiétante. Et les réunions avec le Ministère des Sports – qui a instauré le fameux seuil à 5 000 spectateurs - ou la Préfecture s’annoncent tendues.

Eric Salliot (avec Anthony Rech)