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Roland-Garros: les sans-grades s’éclatent

A l’amorce du troisième tour du simple messieurs de Roland-Garros, neuf joueurs hors du Top 100 étaient encore en course. Du jamais vu depuis 1985 sur la terre parisienne. Hugo Gaston, 239e mondial, est le moins bien classé de ces "seconds couteaux". 

En effet, sur ces neuf matricules à trois chiffres, il y a deux joueurs que le grand public connaît bien : Kevin Anderson et Marco Cecchinato. Tombé bien bas après sa demi-finale en 2018 Porte d’Auteuil, l’Italien, aujourd’hui 110e à l’ATP, revit depuis peu. Le fait d’être devenu papa doit y être pour quelque chose. Issu des qualifs, il a retrouvé son toucher de balle. Son duel face à Sascha Zverev s’annonce intrigant.

Quant au géant sud-africain, double finaliste en Grand Chelem (US Open 2017 et Wimbledon 2018), il a plongé après s’être fait opérer du genou en février. On le sait capable de s’épanouir sur terre battue. Il y a deux ans, en 8e de finale, il avait mené deux manches à zéro face à Diego Schwartzman avant de s’écrouler. La manière dont il a sorti les Serbes Laslo Djere et Dusan Lajovic est un avertissement pour son prochain adversaire, le Russe Andrey Rubelv (n°13).

Sebastian Korda, le fils de…

Les sept autres lascars sont des inconnus qui ont se sont frayés un chemin doré. Trois d’entre eux sont même là depuis les qualifications. C’est le cas de Sebastian Korda, 213e mondial. Cet Américain, vainqueur de l’Open d’Australie juniors en 2018, est le fils de l’ancien numéro deux mondial Petr, qui évoluait sous la bannière tchèque. Il a deux sœurs qui brillent sur le circuit professionnel de golf.

Daniel Altmaier est une vraie sensation. La trajectoire de cet Allemand de 22 ans est assez étonnante. Accablé par les blessures, il avait même disparu du classement ATP pendant la première semaine de février en 2019. Depuis, il a bourlingué sur le circuit Futures et le rebond est stupéfiant. En cinq succès à Roland, il a récolté un prize money (126 000 Euros) qui égale ses gains en simple depuis qu’il est pro !

Victorieux jeudi du derby de la Ruhr face à Jan-Lennard Struff, il sera confronté au troisième tour à l’Italien Matteo Berrettini. Et cela ne l’effraie pas. "Je le connais parce qu'avant ma blessure, on jouait au même niveau, aux alentours des 300 au classement. Il est bien mieux classé que moi, mais moi, je pense que je n'ai rien à perdre. Je vais me préparer tout comme je me suis préparé pour les qualifications, puis après on verra ce qui se passe à la fin."

Enfin, il y a Daniel Galan, 153e ATP. Ce Colombien a bénéficié d’un coup de pouce. Battu au dernier tour des qualifs, il a été tiré au sort et exploite à merveille sa veine de repêché. Samedi, il aura la chance de défier le numéro 1 mondial Novak Djokovic.

Cette liste ne serait pas "normale" si elle ne comportait pas deux Espagnols. Roberto Carballes Baena, 101e mondial, a remporté jeudi un marathon de 5 heures pour éliminer le Canadien Denis Shapovalov. Pedro Martinez, lui, a profité d’un tableau favorable.

Enfin, l’ultime invité surprise est Norbert Gombos. Agé de 30 ans, le Slovaque n’avait jamais atteint le troisième tour d’un Chelem. Mais il avait l’habitude de briller en France. Il a en effet remporté les Challengers de Cherbourg, Brest et Orléans. S’il écarte Diego Schwartzman, il va falloir fouiller dans son arbre généalogique…

Eric Salliot