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Sharapova en cache-misère

Revoilà Maria Sharapova !

Revoilà Maria Sharapova ! - -

Avec très peu de têtes d’affiches et un niveau de jeu stéréotypé, le tableau féminin de Roland-Garros ne déchaîne plus les passions à cause du bouleversement permanent au sommet et de l’ennui régulier provoqué par les rencontres.

Il est loin le temps de la domination de Steffi Graff sur l’ocre de Roland-Garros, des affrontements à suspense entre Serena Williams et Justine Henin. A cette époque, le tennis féminin et ses personnalités arrivaient à résister à l’abattage médiatique qui régnait autour de leurs homologues masculins. « Ce n’est pas évident de suivre le tableau actuel, encore plus sur terre battue, admet Nathalie Dechy, ancienne n°11 à la WTA. Mais, il y a des périodes où les finales de Roland chez les mecs étaient mortelles et ennuyeuses. Ce sont des périodes un peu plus dures aujourd’hui. Ca va se renouveler. » Cette saison, les têtes de série sont tombées comme une attaque de coup droit dans le bas du filet.

« On avait l’impression qu’on arrivait avec des certitudes avec S.Williams (n°5) et V. Azarenka (n°1). Pas de chance, elles ont perdu plus tôt » regrette la Française. Et c’est toute la problématique du tennis féminin. Très peu de grands noms, hormis celui de Maria Sharapova, sont présents sur les courts en fin de tournoi et la hiérarchie n’est clairement pas établie depuis la prise de pouvoir de Caroline Wozniacki en octobre 2010. « C’est une période de brassage dans le top niveau, souffle la responsable du haut niveau féminin à la FFT, Alexandra Fusai. Les gens ont besoin de s’identifier et il y a beaucoup de changements mais ce n’est qu’un mauvais passage. C’est peut-être même un mal pour un bien pour le tennis féminin. »

Pierce : « La hiérarchie n’existe plus »

A la porte d’Auteuil, Angelique Kerber (n°10), Pera Kvitova (n°4) et Maria Sharapova (n°2) étaient les uniques représentantes du Top 10 mondial en quarts de finale. « Il n’y a pas une vraie n°1 ou une n°2, confie Mary Pierce, qui a remporté Roland-Garros en 2000. La hiérarchie n’existe plus dans le tennis féminin et à Roland, il y a toujours des surprises. Ça fait plusieurs années que c’est comme ça, ce n’est plus comme quand je jouais. » Surtout, les rencontres ne passionnent plus les spectateurs de la capitale. Un grand nombre de rencontres ont été ainsi programmées à des horaires tardifs.

Le jeu stéréotypé sans variation des joueuses du circuit n’attire pas non plus un public friand de rivalité. « Il manque de la personnalité sur le terrain, remarque Pierce. Je me souviens que quand j’étais sur le court, je montrais mes émotions. Ça manque un peu aujourd’hui. » Dans l’ombre de tennis masculin depuis cinq ans, la jeune génération des Azarenka (22 ans), Wozniacki (21 ans) et Kvitova (22 ans) va vite devoir se retrousser les manches pour redorer le blason de son sport. La balle est désormais dans son camp.

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Sharapova, la passe de trois |||

L’ancienne n°1 mondiale, Maria Sharapova, aujourd’hui n°2, a fait respecter la hiérarchie mercredi en quarts de finale face à l’Estonienne Kaia Kanepi (25e), en l’emportant en deux manches (6-2, 6-3). La Russe accède pour la troisième fois de sa carrière au dernier carré de la Porte d’Auteuil après 2011 et 2007. Vainqueur des trois autres levées du Grand Chelem, Sharapova (25 ans) n’a jamais pu inscrire Roland-Garros à son palmarès en neuf participations. Elle affrontera ce jeudi la Tchèque Petra Kvitova, qui a battu la Kazakhe Yaroslava Shvedova (3-6, 6-2, 6-4). L'autre demi-finale mettra aux prises l'Australienne Samantha Stosur et l'Italienne Sara Errani.