RMC Sport

Tsonga, l’heure de vérité

-

- - -

Le n°3 tricolore, qui a choisi pour l’instant de se passer d’entraîneur, sera la principale attraction de la première journée des Internationaux de France. Il assure « être à 100% ». A voir sur le Central face au Tchèque Hajek, un joueur largement à sa portée.

Si Jo-Wilfried Tsonga espérait entamer Roland-Garros 2011 dans la discrétion, c’est raté. Les organisateurs ont misé sur lui comme tête d’affiche du « Sunday start », cette journée inaugurale au programme allégé. Non pas que le match s’annonce particulièrement indécis : Jan Hajek, 121e mondial, ne devrait guère poser de problèmes à l’actuel 18e du classement ATP. D’autant que le Français avait facilement remporté leur unique confrontation, déjà sur terre battue en 2010 (6-3, 6-2 à Barcelone).

Sauf que Tsonga, qui joue à 26 ans ses quatrièmes Internationaux de France seulement, aborde la quinzaine dans une situation particulière. Il y a deux mois, il a choisi de se séparer de son entraîneur historique, Eric Winogradsky, avec qui il avait atteint notamment la finale de l’Open d’Australie en 2008. Il évolue depuis en solo. « Je me sens bien, je suis à 100% », martèle-t-il, repoussant les Cassandre qui lui prédisent de lourdes désillusions à moyen terme : « Je ne veux pas me précipiter et choisir n’importe qui. Je veux travailler avec les meilleures personnes possibles. »

Il n’est plus blessé

Après avoir hérité d’un tableau plutôt favorable, avec les Suisses Wawrinka et Federer en ligne de mire pour d’éventuels huitième et quart de finale, il s’agit maintenant de ne pas passer au travers. Le garçon ne fait pas mystère de son ambition : se hisser pour la première fois en quart de finale de « son » Grand Chelem. Pour cela, Tsonga devra avoir tiré les leçons de l’an passé. Opposé dès le dimanche à un anonyme Allemand, Daniel Brands, le Manceau s’était imposé en cinq manches, déposant sur le Central une énergie folle, à l’origine de son abandon en huitièmes face à Youzhny.

Le meilleur allié de Tsonga pour ne pas vivre une nouvelle désillusion ? Sa forme physique. Même s’il n’a pas réussi de matchs grandioses en 2011, n’atteignant la finale qu’à Rotterdam, en salle, le Français, véritable « serial-blessé » du circuit (il avait notamment raté la finale de la Coupe Davis l’an passé), sait désormais se préserver. Il puise dans cette nouvelle stabilité une force décuplée, y compris sur cette terre battue qui n’a jusqu’à présent guère réussi à son physique de déménageur (aucune victoire ni même finale) et son tennis peu économique. « Je ne me suis jamais posé de questions sur cette surface, assure-t-il pourtant. J’ai grandi dessus, j’ai toujours eu la glissade nécessaire. Il faut juste que je sois plus spontané. Je me suis un peu enfermé à une époque dans un certain style de jeu. Le fait de pouvoir varier, sortir des cartes différentes ne peut être que positif. » Et promettre à l’ex-n°6 mondial des lendemains qui chantent dans une épreuve qu’il adore.