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Yannick Noah, 30 ans de solitude

Yannick Noah, vainqueur de Roland-Garros en 1983

Yannick Noah, vainqueur de Roland-Garros en 1983 - -

En 1983, Yannick Noah terrassait Mats Wilander en finale de Roland-Garros et marquait l’histoire du tennis français. Sans se douter que 30 ans plus tard, aucun successeur ne lui serait encore trouvé…

C’est comme si au moment de souffler les bougies, il fallait rapprocher le gâteau et lui imposer de prendre une part. « Je n’y pense pas souvent, un peu plus en ce moment parce qu’on m’en parle ». Yannick Noah n’a rien entendu ou presque « du 21e au 29e anniversaire ». Mais 2013 rime avec 1983 et la clameur du passé s’accorde à nouveau au présent. Joyeux anniversaire monsieur Noah ! Il y a bientôt 30 ans, le 5 juin 1983, il triomphait à Roland-Garros en battant Mats Wilander en finale (6-2, 7-5, 7-6) et devenait le premier Français à régner sur son sol depuis Marcel Bernard en 1946. Une disette de 37 ans effacée. Un désert de 30 ans tout juste ouvert…

« Les pages ont jauni, ça fait très longtemps, explique Yannick Noah. Mais ça restera pour toujours un moment important de ma vie. C’est le moment où je suis rentré dans le cœur des gens. Aucun joueur français n’a remporté de Grand Chelem depuis, mais les places sont chères. A Roland-Garros, il faut battre Nadal et, avant lui, il faut se taper Djokovic ou Murray. C’est vraiment dur… » Jo-Wilfried Tsonga, qui n’était pas né à l’époque du sacre de Yannick Noah, y parviendra-t-il avant de raccrocher ? « On aimerait tous le faire, assure le meilleur tricolore, 28 ans. On se donne les moyens, ou pas, d’y arriver. On n’a pas eu de Français encore pour reprendre le flambeau. Mais on aimerait tous que ça change. »

Santoro : « Cette année, ça m’étonnerait »

La génération actuelle n’est pas la seule à affronter cet héritage presque impossible à assumer. Fabrice Santoro, retraité depuis trois ans, se souvient avoir suivi « la victoire de Yannick à la télé, comme des millions de français », à l’âge où il n’était qu’un écolier. Il garde espoir de revivre une telle émotion, mais pas à court terme… « J’espère que ça va venir, glisse-t-il. Cette année, ça m’étonnerait. Ça va être très difficile. » « Paradoxalement, on n’a jamais eu autant de joueurs dans les 15 meilleurs du monde, souligne pour sa part Guy Forget, l’ancien compère de Yannick Noah. Même si on n’a pas gagné de tournoi du Grand Chelem, il y a eu des finalistes. Il y a des joueurs et des joueuses qui sont, aujourd’hui, très bien placés. Donc on croise les doigts et on espère qu’il y en aura un qui arrivera très bientôt. » Malheureusement, Yannick Noah pourrait avoir à fêter l'anniversaire de sa victoire pendant encore quelques années…

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