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US Open: "Ce qu'ils nous font vivre est abominable", Mladenovic craque après sa défaite

Battue ce mercredi par Varvara Gracheva alors qu'elle a eu quatre balles de match, Kristina Mladenovic est apparue très marquée par ce revers et surtout par le contexte sanitaire qui a entouré sa participation à l'US Open. Pour la Française, le protocole sanitaire dont elle fait l'objet est "un cauchemar".

Kristina Mladenovic a vécu un 2e tour très pénible à New York. Face à Varvara Gracheva, 20 ans et 102e mondiale, la Française, 44e mondiale, a fait la course largement en tête avant de s'effondrer physiquement et de sombrer. Elle menait 6-1, 5-1 et avait quatre balles de match: elle a finalement cédé le deuxième set au tie break et a perdu le troisième sur une "roue de vélo" (1-6, 7-6 [2], 6-0). La Tricolore était en larmes au moment de débriefer sa défaite face à la presse. "Je veux juste remercier l'USTA pour cette expérience irréelle", a-t-elle lancé.

"Je suis complètement à bout"

"Je jouais super bien, mais je n'ai pas su finir le match. J'étais à un fil. Elle a commencé à remonter au score et petit à petit, je me suis effondrée, je n'ai pas d'autre mot. Je suis à bout. Je n'ai jamais été dans un état pareil. Je suis complètement à bout", a-t-elle déclaré. Parce qu'elle a côtoyé Benoît Paire, testé positif au Covid-19 avant le tournoi, Kristina Mladenovic a fait l'objet (comme Grégoire Barrère, Richard Gasquet, Adrian Mannarino et Edouard Roger-Vasselin) d'un protocole sanitaire extrêmement strict. Elle est notamment surveillée par un garde du corps et n'est pas libre de faire ce qu'elle veut.

La Française assure ne pas vouloir que ce traitement spécial "soit une excuse" à sa défaite. " Ce n'est pas la faute de l'USTA le fait que je n'aie pas converti mes 4 balles de match. Il ne faut pas qu'on se trompe", insiste-t-elle. Mais ses griefs sont nombreux.

"Si j'avais su, je n'aurais jamais mis les pieds à ce tournoi"

"C'est un cauchemar, ce qu'on vit là. Je n'ai qu'une seule envie, c'est de retrouver ma liberté. Il faut qu'on se batte pour avoir notre liberté. Je voudrais tellement dire plein de choses sur ce qui se passe ici. C'est absolument abominable, comment ils nous traitent", attaque Kristina Mladenovic.

Pour la tenniswoman, son effondrement au troisième set est lié à ces conditions de vie difficiles: "Au troisième set, ce que je ressens, c'est de la détresse, vraiment. Même pour faire un pas à droite, il faut demander la permission. On n'a pas de liberté de mouvement, d'identité, de rien. J'ai l'impression qu'on est des prisonniers, des criminels."

Pour finir, Kristina Mladenovic l'assure: "Si j'avais su que jouer 40 minutes aux cartes, avec un masque, avec un joueur (Benoît Paire) qui a été testé positif, mais finalement négatif, aurait entraîné ces conséquences, je n'aurais jamais mis les pieds à ce tournoi."

NB avec Eric Salliot