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Wieckowski : « Le père de Rezaï m’a menacée de mort »

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EXCLU RMC SPORT - A 25 ans, Julie Wieckowski est un ancien espoir du tennis français. Aujourd’hui professeur de tennis en Auvergne, après avoir arrêté sa carrière pour des problèmes de santé, elle a connu Aravane Rezai jusqu’à l’âge de 19 ans. A une époque où son père faisait régner la terreur sur le circuit.

Julie Wieckowski, les évènements survenus en Australie entre Aravane Rezaï et son père vous ont-ils étonné ?
Pas du tout ! A l’époque, on en parlait avec les entraîneurs et on se disait : « Il va falloir attendre un malheur pour que ce mec-là soit définitivement exclu du monde du tennis. » Avoir un copain, pour Aravane, ce n’était même pas pensable. J’ai mis du temps avant d’arrêter de la lier à son père, mais je pense que c’est une gentille fille. Il ne faut plus la mettre dans le même panier. J’ai envie de lui laisser une chance et de me dire que c’est une fille bien.

Comme était votre relation avec lui ?
Plus jeune, il était relativement gentil avec moi et avec les filles, à partir du moment où on perdait contre Aravane. Il lui a énormément apporté, parce qu’il a tout fait pour qu’elle arrive sur le circuit. Mais avec elle, il était très dur et très exigeant. Il me faisait peur, il lui faisait peur et il faisait peur à tout le monde. Aujourd’hui encore, il fait peur à tout le monde. Il n’avait pas vraiment besoin d’hurler. Il suffisait d’un regard ou d’un geste. Mais j’ai vu de la violence verbale envers sa fille et les adversaires. J’ai moi-même eu affaire à lui.

Que s’est-il passé ?
On était dans les qualifications d’un tournoi à Bordeaux. Il était déjà interdit des terrains. Il n’avait pas le droit de regarder le match et il restait sur le parking. Du coup, Aravane avait une pression folle et une mentalité moyenne sur le terrain. On a été obligé de demander un arbitre, qu’elle s’est mise à contester. Le match ne s’est pas très bien passé. Elle est allée raconter à son père qu’un arbitre était venu. Il est venu me voir, m’a menacé de mort et m’a insulté. Ça m’a fait peur. J’en ai parlé à mon père et on a posé une main courante. Je l’ai recroisé quelques temps après. Il me faisait un signe avec son pouce, qui voulait dire « Je te trancherai la gorge ». Finalement, mon père est allé lui parler. Comme il est également assez impressionnant, il a réussi à le calmer. Mais d’autres parents n’ont pas eu ce courage-là.