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Dokic, l’improbable retour

Jelena Dokic

Jelena Dokic - -

Au début des années 2000, elle faisait partie des meilleures joueuses du monde. Puis ses relations conflictuelles avec un père tyrannique et des blessures à répétition ont mis en péril sa carrière. A 28 ans, la jolie Australienne effectue un retour aussi étonnant que convaincant. Elle joue ce lundi sur le Central de Wimbledon face à Schiavone.

Et si en 2011, Jelena Dokic parvenait enfin à de nouveau exister sur la scène du tennis mondial ? Le titre décroché à Kuala Lumpur en février (le premier depuis neuf ans !) et le quart de finale à Paris-Coubertin sont autant de résultats qui attestent de son fragile, mais bien réel, retour en forme. L’Australienne revient de très loin après un début de carrière tonitruant, matérialisé par une impressionnante victoire à Wimbledon sur Martina Hingis (6-2, 6-0), alors n°1 mondiale. C’était en 1999. Une éternité.

On pense alors que la native d’Osijek (ex-Yougoslavie, désormais en Croatie) est partie pour tout détruire sur son passage. Mais la réalité la rattrape. Son père et entraîneur, Damir Dokic, lui inflige un régime autoritaire tout en se faisant vulgairement remarquer sur le circuit. Insultes, conduites grossières, menaces… Le tirage au sort du premier tour de l’Open d’Australie en 2001 (face à Lindsay Davenport, n°2 mondiale de l’époque) le fera sortir de ses gonds, certain que les organisateurs ont voulu défavoriser sa fille. A paranoïa aigue, mesure drastique : les Dokic quittent l’Australie, leur terre d’accueil depuis 1994 (pour fuir le conflit des Balkans) et rentrent en Europe.

Tentatives de kidnapping

Malgré une place de numéro 4 mondiale en 2002, l’ex-starlette sombre dans les abysses du classement WTA (125e en 2004, 351e en 2005, 621e en 2006). Après avoir coupé le cordon avec un environnement familial très encombrant, elle annonce sa volonté de revenir sur le devant de la scène. Depuis, son père a menacé de la kidnapper à plusieurs reprises. Il avait pourtant renié sa fille en 2003 suite à sa liaison avec le pilote de Formule 1 brésilien Enrique Bernoldi.

De retour en Australie en 2008 après avoir abandonné sa nationalité en 2002, Jelena Dokic (qui s’effondrera en pleurs lors du premier tour à Melbourne la même année) repart de la base en enchainant les petits tournois. Son acharnement sera récompensé : celle dont la carrière avait failli s’arrêter en 2007 en raison de blessures récurrentes (sans oublier une mononucléose) remonte, lentement mais sûrement : 178e en 2008, 57e en 2009, elle pointe aujourd’hui au 45e rang mondial. Une formidable victoire après avoir surmonté tant d’obstacles. Et ce n’est pas Francesca Schiavone, sa prestigieuse adversaire au premier tour ce lundi, qui peut désormais lui faire peur…