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Dominguez : « Un exploit fantastique »

Patrice Dominguez

Patrice Dominguez - -

Membre de la Dream Team RMC Sport, Patrice Dominguez ne tarit pas d’éloges sur Andy Murray, qui a su résister au poids de l’attente du public pour devenir le premier Britannique sacré à Wimbledon depuis 1936.

« Gagner Wimbledon 77 ans après Fred Perry c’est énorme pour Andy Murray. C’était envisagé depuis l’année dernière (défaite en finale contre Roger Federer, ndlr) mais maintenant que l’on est face à cette réalité, l’exploit est fantastique. Arriver à effacer 77 ans de disette, c’est très fort. Fred Perry avait fait le triplé dans les années 30, c’était un immense champion qui avait finalement laissé le tennis anglais à la fois complexé et orphelin. Ce n’est pas le moindre mérite d’Andy Murray d’être parvenu à vaincre cette malédiction. L’Ecossais avait très bien préparé cet avènement l’année passée. Il avait remporté l’or olympique l’été dernier à Wimbledon, donc il savait qu’il pouvait s’imposer. Murray est invaincu depuis deux ans sur gazon et maintenant, avec un Federer en retrait et un Djokovic qui joue moins bien, le Britannique est bien le meilleur sur cette surface.

Une fois de plus, Novak Djokovic s’est lui refusé à la défaite. Jusqu’au bout, il a lutté et espéré, comme à chaque fois qu’il monte sur un court de tennis. Aujourd’hui, force est de reconnaitre qu’Andy Murray était plus fort que lui, plus complet, plus offensif, plus agressif aussi dans la plupart des compartiments du jeu. Du début à la fin de la finale, Murray a été dominateur. C’est lui qui a donné le ton au match. Il a été un bien meilleur joueur de tennis lors de cette finale que Novak Djokovic. Murray est en train de devenir un joueur complètement mature. Il est désormais du niveau de Djokovic, Nadal ou Federer sur les surfaces rapides.

« Un prétendant à la place de n°1 mondial »

Djokovic n’est plus aussi fort physiquement. Il n’est plus aussi confiant sur les points importants. Il n’est plus aussi dominateur sur ses jeux de service. Il avait peiné en demi-finale contre Del Potro et ce match a surement pesé dans cette finale parce qu’il y a laissé beaucoup d’intensité nerveuse (victoire en cinq sets et 4h46 de jeu, ndlr). C’est peut- être ça aussi qui a permis à Murray d’imposer son rythme dans le match. Aujourd’hui, Murray est un prétendant à la place de n°1. Après, c’est à l’US Open que va se disputer l’hégémonie du tennis mondial. Murray avait gagné son premier Grand Chelem là-bas en 2012, donc il va devoir défendre son titre. Cela promet une très belle bagarre à New York. »

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