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Mahut-Isner II, le retour

John Isner et Nicolas Mahut après leur épopée héroïque à Wimbledon en 2010.

John Isner et Nicolas Mahut après leur épopée héroïque à Wimbledon en 2010. - -

Seul un scénariste de cinéma aurait osé. Nicolas Mahut contre John Isner au premier tour de Wimbledon un an après leur épopée héroïque sur le gazon londonien. Le rêve impossible est pourtant devenu réalité. Avec une conséquence : tout le monde en parle.

11 heures et 5 minutes de jeu sur trois jours. Un irréel cinquième set bouclé… 70-68. Personne n’a oublié l’héroïque combat entre Nicolas Mahut et John Isner l’an dernier. Alors, forcément, à l’heure du remake au premier tour de Wimbledon, les deux protagonistes sont les stars du moment. Même Rafael Nadal a eu droit à sa question sur LE match : « Je suis désolé pour eux. Ce n’est pas un tirage chanceux car ils ont tous les deux du potentiel pour bien jouer sur cette surface. L’attitude et l’exemple qu’ils ont montré aux enfants et aux autres joueurs du circuit l’an dernier étaient fantastiques. Ce match restera pour toujours dans la mémoire de notre sport. »

Lundi, dans les travées de Wimbledon, le grand jeu consistait à en savoir plus sur cette « affiche » entre le 31e (Isner) et le 94e mondial. Sur quel court ? Avec quel arbitre ? Pour le court, chacun avait son avis. « Il n’y a que des choix possibles, jugeait Julien Benneteau. Le 18, où ils ont joué l’an dernier, ou le Centre Court. Un autre court n’aurait aucun sens, il n’y aurait pas d’hommage. » Et Richard Gasquet d’approuver : « Ça vaut largement le n°1 ! » Mahut, lui, semblait se faire à l’idée de refouler le court 18 : « Je n’ai pas peur des vieux démons. C’est un court que j’aime vraiment, un peu atypique, très agréable à jouer. » Contraints de de recaser quelques stars en raison de la pluie qui s'est abattu lundi sur Londres, les organisateurs rendaient leur décision en fin de journée : ce sera le... n°3. Une enceinte toute neuve de 1980 places (le double du 18) inaugurée cette année pour remplacer l'ancien n°2, preuve de l'attention portée à ce remake. Mais un court de moyenne importance qui ne fait pas l'unanimité pour accueillir ce match. La déception de ne pas voir Mahut et Isner sur le Centre Court ou le 18 est bien réelle. Côté arbitre, beaucoup espéraient voir Mohamed Lahyani officier, comme l’an dernier. « Ce serait drôle », lance Benneteau. Mais le Suédois affirme que ce ne sera pas lui. La décision, prise tard lundi soir, sera communiquée mardi matin à l’arbitre sélectionné.

Gasquet : « Impossible de revivre le match de l’an dernier »

L’engouement autour du match touche bien sûr le public. Et la plaque commémorant le morceau d’histoire de l’an dernier, posée dans un coin du court 18, avait droit à des centaines de spectateurs se pressant pour s’immortaliser en photo. Même les joueurs sont attirés. « Je ne l’ai pas vue mais j’irai en temps voulu », indique Benneteau. « J’ai vu la plaque. C’est marrant », poursuit Gasquet. Et Mahut de s’extasier : « C’est une fierté immense. A vie, j’aurai mon nom à côté de celui de John sur le court 18 de Wimbledon, le lieu le plus mythique pour jouer au tennis. »

Reste maintenant à disputer ce match tant attendu. Sans se laisser déconcentrer par tout le cirque ambiant. « C’est un autre match, même si je pense qu’il va ressembler à celui de l’an dernier, et les deux joueurs vont devoir faire abstraction de tout ça, ça ne va pas être évident », prévient Benneteau. « C’est impossible de revivre le même match mais on peut s’attendre à cinq sets », juge Gasquet. L’attitude de Mahut, qui fuit le plus possible les micros depuis le tirage au sort, prouve une certaine nervosité avant ces retrouvailles. « Il y a un mélange de sentiments, explique Paul Quétin, le préparateur physique de la FFT. Plein d’images reviennent en tête. Mais il y a aussi l’opportunité de remettre les compteurs à égalité et de battre John Isner. » En moins de 11 heures de jeu, si possible.