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Bartoli : « Je ne reviendrai pas en arrière »

Marion Bartoli

Marion Bartoli - -

Marion Bartoli a expliqué plus en détails ce jeudi soir sa décision de mettre un terme à sa carrière. Et l’intéressée l’a encore confirmé : sa volonté d’arrêter le tennis est définitive.

Marion Bartoli, plusieurs heures après, vous n'avez pas changé d'avis ? Vous mettez bien un terme à votre carrière ?

Je ne suis pas une personne qui change d’avis. Je suis toujours entière dans mes décisions. Je ne reviendrai pas en arrière. J’ai joué mon dernier match hier à Cincinnati. Ma carrière s’est terminée là-dessus.

A-t-on essayé de vous faire changer d'avis ?

Pas changer d’avis mais plusieurs personnes m’ont dit de prendre des vacances, de me reposer, de faire un break, de savoir si ma décision était vraiment bien réfléchie. Mais quand je leur ai expliqué, qu’ils ont vu que j’étais claire avec cette décision et que j’allais très bien, ils ont très bien compris.

Cette décision, vous l'avez prise à quel moment ?

Ça m’a paru tellement limpide à la fin du match. Mon mental avait encore faim de plein d’objectifs mais mon corps n’en pouvait plus. Ça fait plus de treize ans que je suis sur le circuit professionnel. Ce n’est pas une question d’envie. Je me sens très bien. Je suis en paix avec moi-même. J’ai vécu de très belles années. C’est une très belle page qui se tourne.

Ce sont notamment ces douleurs ressenties à Wimbledon qui ont motivé votre décision ?

Oui. J’ai passé énormément de temps chez le kiné. J’ai dû surmonter de grosses douleurs au tendon d’Achille, à la cheville. Le matin, il me fallait attendre trente minutes pour pouvoir poser le pied par terre avant de marcher normalement. Comme je l’ai dit, il a fallu que j’aille au bout du bout de mes limites. Mais ce dont je suis le plus fier, c’est d’y être arrivé.

Arrêter après votre succès à Wimbledon, c'était le bon moment pour vous ?

Je ne sais pas. L’histoire était écrite comme ça. Je l’ai senti comme ça. Pendant treize ans, j’ai eu un engagement total dans tout ce que j’ai fait. J’ai eu la chance de vivre cet événement magique. Ça restera mon histoire, ma carrière. Je ne sais pas s’il y avait un bon moment pour le faire mais c’était mon moment.

« Je ne vais pas totalement disparaitre »

Comprenez-vous l'étonnement que suscite votre décision ?

Oui, bien sûr. Forcément qu’il y en a après un tournoi du Grand Chelem et un succès comme ça. Mais c’est ma décision et elle m’appartient. Sur tous les tweets que j’ai eus, ce qui revient le plus, c’est l’enchantement des gens de m’avoir rencontrée. Franchement, tous les messages d’amour que j’ai reçus… je ne pensais pas en avoir autant. C’est exceptionnel. J’en ai quasiment pleuré parce que c’était beau. De voir à quel point les gens tenaient à moi, la façon dont ils ont apprécié mes valeurs et la personne que je suis … c’est ce qui m’a touchée le plus.

Avant votre conférence de presse, à qui avez-vous annoncé votre décision ?

J’ai appelé mon père. Il m’a parfaitement compris. Il me soutient à 100 % dans ma décision. C’est la personne la mieux placée pour comprendre les sacrifices que mon corps a dû endurer. Il sait par où je suis passée. A aucun instant il n’a essayé de me convaincre de changer d’avis. Il est déjà extrêmement fier que je sois arrivée au bout du bout de mes limites pour gagner Wimbledon. Il attend avec impatience ma nouvelle vie et que je m’épanouisse dans cette nouvelle vie.

Avez-vous déjà pensé à l'après ?

Non. Mais je veux faire des choses assez simples, comme passer du temps avec mes amis. Je verrai… J’étudierai les propositions éventuelles que j’aurai de venir commenter sur des tournois. J’ai encore plein d’amies sur le circuit. Je ne vais pas totalement disparaître. Il y a les filles de Fed Cup que je compte suivre. Je viendrai les voir jouer, je les encouragerai. Après… il y a plein de choses qui m’intéressent. J’aime bien l’art. Je vais en profiter pour visiter les galeries que je n’ai pas pu faire auparavant. Je ne sais pas encore ce que je vais faire mais je vais prendre le temps d’y réfléchir.

Et le temps d'aller supporter l'OM... Elie Baup a dit que maintenant que votre carrière était terminée, vous alliez devoir être encore plus supportrice.

Ça va être difficile de l’être encore plus (rires). Mais maintenant, j’aurai le temps de venir au Vélodrome et d’aller voir les matches. Je vais supporter mon club, parce que l’OM est mon club de cœur. Quand j’aime quelque chose, c’est toujours pour la vie. Je vais les supporter au maximum. Ils peuvent compter sur moi parce que je serai là, c’est clair.

Quelle image souhaitez-vous que les gens retiennent de vous ?

Comme quelqu’un qui a toujours essayé de faire son maximum et qui s’est investie au quotidien pour être la meilleure joueuse possible. D’avoir des valeurs humaines et sportives. Le sport, on l’aime pour ça. Pour sa difficulté, pour le bonheur que ça procure parfois. Je l’ai pratiqué en étant le plus investie possible.

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