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Di Pasquale : « Bartoli était obligée de travailler plus que les autres »

Guy Forget et Arnaud Di Pasquale

Guy Forget et Arnaud Di Pasquale - -

EXCLU RMC SPORT. Arnaud Di Pasquale, le DTN de la Fédération française de tennis, souligne les efforts qu’a dû faire Marion Bartoli pour évoluer au haut niveau. Cette surcharge de travail est devenue trop lourde à supporter.

Arnaud Di Pasquale, comment réagissez-vous à l'annonce de la retraite de Marion Bartoli ?

Ça a été une grosse surprise au réveil. Je ne m’y attendais pas du tout. Elle dit qu’elle a fait beaucoup d’efforts physiquement ces dernières années. Et c’est vrai. C’est quelqu’un de très volontaire, de très engagé. On l’a vu tout donner ces 10-15 dernières années. Maintenant, si c’est son choix, on va le respecter. Est-ce que ce n’est pas un peu prématuré ? Elle a dû digérer, encaisser, cette victoire à Wimbledon. Il y a beaucoup de questions sous-jacentes. C’est à elle d’y répondre.

A-t-elle eu des difficultés à se remotiver après Wimbledon ?

Quand on atteint un objectif aussi fort, aussi élevé qu’une victoire en Grand Chelem, c’est évidemment très compliqué de s'y remettre derrière. Et c’est encore plus compliqué quand ça demande autant d’efforts. Pour Marion, ça demande plus d’efforts que pour d’autres. C’est une réalité. Aujourd’hui, mentalement, je crois qu’elle a toujours envie, qu’elle toujours animée par cette passion du tennis. En revanche, c’est son corps qui lui dit peut-être de s’arrêter, de prendre un peu de distance.

Pourquoi est-ce plus dur pour elle que pour les autres ?

Elle n’a pas les qualités physiques naturelles que d’autres peuvent avoir. Elle est obligée de travailler beaucoup plus, tout simplement. A la fin, quand on fait deux, trois heures de plus que les autres tous les jours, ça se paye aussi. Dans la tête, ce n’est pas évident. On n’est pas tous égaux. Marion a réussi à compenser en travaillant plus, en étant plus déterminée que les autres.

Elle pleurait mercredi soir devant la presse. C'est une épreuve sur le plan mental aussi...

J’ai le souvenir de Yannick Noah qui parle de dépression après sa victoire à Roland-Garros. Ce sont des émotions tellement fortes que c’est dur à digérer. Il faut être bien entouré, reprendre au bon moment. Ce n’est pas évident. Elle est réfléchie, intelligente. C’est certainement une décision qui a été mûrie ces dernières semaines. Ça va peut-être lui manquer assez rapidement. Elle pourrait avoir encore de belles années devant elle.

Allez-vous essayer de la faire changer d'avis ?

Il faut l’écouter avant tout. Tout dépendra de son discours. Si c’est tranché, catégorique, je crois qu’il n’y a pas grand-chose à faire. En revanche, si on la sent un peu hésitante, c’est que ce n’est pas suffisamment clair. Dans ce cas, il faut qu’elle se donne encore quelques semaines de réflexion et qu’elle attende un petit peu.

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La rédaction