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Gachassin : « Faire changer d’avis Bartoli »

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EXCLU RMC SPORT. Jean Gachassin, le président de la Fédération française de tennis, regrette la décision de Marion Bartoli d’arrêter sa carrière à 28 ans. Il espère la voir revenir sur sa décision dans les prochains mois.
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Jean Gachassin, quelle a été votre réaction en apprenant la fin de carrière de Marion Bartoli ?

J’ai été très surpris et très déçu pour elle. Quand on vient de gagner un Grand Chelem à Wimbledon, ça doit être terrible pour elle de prendre cette décision. Je suis également déçu pour la Fédération française de tennis et pour la Fed Cup. On avait mis beaucoup d’espoirs sur elle. Je regrette qu’elle arrête car je pensais qu’avec ce succès à Wimbledon, toutes les petites filles françaises se seraient mises au tennis. C’est vraiment une grande déception. Mais c’est ainsi…

Comprenez-vous ses arguments, lorsqu'elle dit que son corps n'en peut plus ?

Je suis entièrement d’accord avec elle. D’autant plus qu’elle a eu beaucoup de réceptions pendant six semaines. Elle s’est moins entraînée. Lorsqu’elle a perdu ce match (la nuit dernière à Cincinnati, ndlr), elle a certainement compris qu’elle n’était pas en condition physique. Et ça lui a fait peur de repartir à zéro, avec tout le travail qu’elle avait effectué pour ce titre à Wimbledon. Elle ne s’est pas vue assez forte pour recommencer un tel parcours à 28 ans. Je pense que c’est pour cette raison qu’elle a préféré arrêter.

A la Fédération, avez-vous l'espoir de la faire revenir sur sa décision ?

C’est notre but. On a l’exemple avec d’autres championnes, comme Henin ou Clijsters, qui ont repris la raquette pour revenir en compétition. Marion, c’est une passionnée, une battante. Elle se battait sur toutes les balles et elle se battait aussi physiquement pour être au top. J’espère que cette décision est prise sur un coup de tête, que le tennis va lui manquer et qu’un jour elle va se dire : « J’ai envie de reprendre la compétition et la raquette ! » Je l’espère très sincèrement.

D'autant que le tennis français a aujourd'hui besoin de Marion Bartoli...

C’est vrai. Quand elle a gagné Wimbledon et qu’elle a été la star pendant plusieurs semaines, j’étais heureux parce que, quand j’allais dans les clubs, les enfants me parlaient de Marion Bartoli. Je pensais que ça serait le coup de fouet qui allaient donner envie aux jeunes filles de venir pratiquer ce sport. C’était notre espoir. A la rentrée, en septembre, je m’attendais à voir beaucoup de nouvelles joueuses dans les clubs. Malheureusement, toutes ces petites filles vont être déçues, comme nous le sommes tous.

C'est également un coup dur pour l'équipe de France de Fed Cup, qu'elle avait récemment intégrée...

Notre espoir reposait sur Marion Bartoli, qui allait donner un certain élan à cette équipe de France. Ça allait être la boss, avec les jeunes comme Kristina Mladenovic ou Caroline Garcia. C’est un peu dommage qu’elle ne puisse pas donner ses conseils et qu’elle ne soit pas la meneuse de cette équipe. On a besoin de joueuses comme elle en Fed Cup. Ça va être une perte énorme. Mais espérons qu’avec Amélie (Mauresmo) et tout le staff, on la fera changer d’avis ! 

Si elle ne revenait pas sur sa décision, que retiendriez-vous de sa carrière ?

Sa persévérance, sa combativité et son envie de gagner. Ça démontre également tout le travail qu’il y a en amont. Elle s’est entraînée comme une forcenée pour être la meilleure et pouvoir gagner un Grand Chelem. C’est un modèle pour les enfants, les jeunes et même les adultes. C’est dommage qu’elle arrête si tôt.

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Propos recueillis par Rodolphe Massé