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Trophée Jules Verne: Desjoyeaux analyse le record de Joyon

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Francis Joyon et son équipe ont remporté le trophée Jules Vernes ce jeudi, en bouclant leur tour du monde en 40 jours à peine, quasiment cinq de mieux que le record de Loïck Peyron. Une performance exceptionnelle, analysée par notre excellent consultant voile, Michel Desjoyeaux.

Comment expliquer un tel écart avec le précédent record de Loïck Peyron ?

Parce qu’ils ont su aller vite tout le temps, ils ont pris une fenêtre météo qui, à première vue, n’était pas exceptionnelle mais ils ont eu un super enchaînement dès l’arrivée dans les mers du sud, dès la fin de l’Atlantique. Le plus dur dans une histoire comme ça, c’est d’enchaîner les bons systèmes météo et d’accepter d’aller vite tout le temps, et de manière durable, tenir des cadences infernales, notamment dans les mers du sud, quand il fait froid, quand la mer n’est pas forcément facile.

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Qu’est-ce qui a été différent dans ce tour du monde, par rapport à celui du précédent record, signé Loïck Peyron ?

Le précédent recordman, Banque Populaire, était avec un trimaran de 40m de long et 14 hommes d’équipage. On sait qu’en voile, en théorie, plus un bateau est long, plus il est capable d’aller vite. Ils avaient eu une bonne fenêtre météo au départ, les mers du sud un peu complexes, notamment la fin du Pacifique où ils avaient perdu beaucoup de temps et dans la remontée de l’Atlantique nord, de l’Equateur jusqu’à la ligne d’arrivée à Ouessant. Là Francis Joyon a enchaîné une trajectoire dans l’Atlantique nord, très rapide, très courte. Si on arrive à tout bien enchaîner, les systèmes météo, et accepter d’aller vite, tout le temps, c’est grâce à ça qu’on arrive à améliorer des records. Mais de toute façon un record est fait pour être battu, c’est le principe même.

Comment se passe le travail d’équipe dans une telle aventure ?

Ils ont fait plusieurs journées à plus de 800 milles, ça fait 1500 kilomètres, donc vous traversez la France en diagonale plus encore un petit peu, en 24 heures. C’est sûr qu’en équipage, pendant qu’il y a quelqu’un à la barre et quelqu’un au réglage des voiles, les autres doivent accepter de dormir à ces vitesses-là. Il faut non seulement avoir confiance en soi mais surtout avoir confiance dans l’autre qui est sur le pont. C’est aussi ça la difficulté de bien choisir son équipage, et qu’il y ait une vraie cohésion. Ce ne sont pas forcément les meilleurs marins, c’est le meilleur groupe, c’est un travail d’équipe bien évidemment, d’abord.

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