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Vendée Globe: très ému, Le Cam tacle "les logiciels de calcul" et les bateaux à foils

Épuisé, Jean Le Cam s'est classé quatrième du Vendée Globe en franchissant ce jeudi soir la ligne d'arrivée aux Sables-d'Olonne. Encore dans son bateau, le skipper breton s'est étonné de son très bon classement et en a profité pour épingler "l'escalade budgétaire" liée aux foils.

Heureux, mais très fatigué. Après 81 jours, 5 heures, 59 minutes et 55 secondes en mer, Jean Le Cam a franchi ce jeudi soir la ligne d'arrivée du Vendée Globe aux Sables-d'Olonne.

"Celle-là, je peux vous dire...", a-t-il réagi en cherchant ses mots, le visage marqué par les derniers efforts qu'il a dû fournir. "Vous verrez demain pourquoi, parce que là... Je ne sais pas comment je suis arrivé là", a-t-il déclaré, se sentant "au bout du bout".

"Arriver devant Herrmann, un truc que je n'avais jamais imaginé"

Le doyen de la compétition s'est classé en quatrième position, grâce à la compensation de 16h15 accordée par les organisateurs pour avoir sauvé Kevin Escoffier au large du cap de Bonne-Espérance. Un très bon résultat qu'il ne pensait pas pouvoir atteindre. Contrairement à son bateau Yes We Cam, l'embarcation du cinquième, Boris Herrmann, possède des foils, ces espèces d'ailes incurvées censées offrir un gain de vitesse considérable.

"On m'a dit que je pouvais arriver devant Herrmann. C'est un truc que je n'avais jamais imaginé. J'étais content d'être devant Apicil [de Damien Seguin]. C'était mon truc, notre challenge", a-t-il raconté, étant donné que le bateau Apicil était son principal concurrent parmi ceux dépourvus de foils.

Les bateaux à foils en ont pris pour leur grade

Jean Le Cam n'a alors pas manqué l'occasion de se montrer revanchard, en assénant quelques piques par rapport à ces évolutions technologiques et onéreuses: "Les bateaux à foils, pour nous, ça n'existe pas! Je ne sais pas ce qu'ils sont venus nous emmerder dans notre course de bateaux à dérive. Ces bateaux à foils, c'est beaucoup d'énergie, de casse-tête et d'argent, pour pas grand-chose. Comme quoi, les logiciels de calcul de bateaux à voile, ce n'est pas une science exacte". 

Figure de cette course, grâce notamment à son sauvetage de Kevin Escoffier, le "roi Jean" est heureux d'avoir reçu des "témoignages de jeunes qui veulent faire le Vendée Globe". Il l'est d'autant plus parce qu'il y a participé avec un budget restreint: "Pour eux, c'était devenu tellement inaccessible. Je suis content de ça. Les jeunes générations se disent qu'ils peuvent faire le Vendée Globe, même avec des moyens limités. Je pense que c'est essentiel, parce qu'on était partis dans une escalade budgétaire". 

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JA