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Afghanistan: une jeune volleyeuse assassinée

Mahjabin Hakimi, une jeune volleyeuse de l’équipe d’Afghanistan, a été tuée dans des circonstances troubles. Sa famille aurait été contrainte de cacher cet assassinat, mais l’une de ses coachs l’a confirmé après qu’une image de son corps sans vie a circulé sur internet.

[UPDATE] Libération est revenu sur la mort de la volleyeuse afghane Mahjabin Hakimi, en précisant qu'elle est en fait décédée en août dernier, avaant que les Talibans ne prennent Kaboul et la zone. Les circonstances de sa mort restent troubles: elle pourrait avoir été tuée par sa belle-famille.

L’horreur absolue. Mahjabin Hakimi, une volleyeuse de l’équipe d’Afghanistan, a été sauvagement assassinée par les talibans. L’une de ses coaches l’a révélé à l’Independant Persian, en précisant qu’elle avait été décapitée. Son exécution aurait eu lieu au début du mois d’octobre. Sa famille avait été contrainte de ne rien dire, sous peine de représailles. Mais une photo du corps sans vie de la jeune femme a circulé sur internet, avant que son décès soit confirmé dans la presse locale.

Majhabin faisait partie de l’équipe nationale d’Afghanistan (crée en 1978 et relancée en 2002 après avoir été mise en sommeil en raison de la situation politique), qui compte deux groupes de 14 joueuses. Une section seniors et une autre de jeunes, dont elle était membre. Avant la prise de pouvoir des hommes d’Hibatullah Akhundzada en août dernier, elle évoluait également au sein du club municipal de Kaboul, avec qui elle a remporté de nombreux trophées. C’était même l’une des plus titrées du vestiaire.

Des joueuses traquées dans tout le pays

Sa coache a précisé que seules deux volleyeuses afghanes avaient pu quitter le pays depuis cet été. Toutes les autres ont dû fuir leur foyer pour tenter de se cacher. Elles vivent depuis dans une angoisse permanente, craignant pour leur vie et celles de leurs proches. Depuis leur retour au pouvoir, les talibans organisent une véritable traque des sportives, en particulier des volleyeuses, qui ont participé à des compétitions à l’étranger et fait des apparitions médiatiques ces dernières années.

Plusieurs maisons ont récemment été fouillées aux quatre coins du pays, instaurant un climat de terreur. "Les joueuses sont dans le désespoir et la peur. Elles ont été forcées de fuir et vivent dans des endroits inconnus", souffle la coache de l’équipe nationale, qui préfère garder l’anonymat pour des questions de sécurité. Malgré leur situation extrêmement préoccupante, les appels à l’aide des volleyeuses afghanes ont jusqu’ici été ignorés par la communauté internationale. De quoi redouter que d’autres subissent le même sort que Mahjabin Hakimi.

https://twitter.com/AlexJaquin Alexandre Jaquin Journaliste RMC Sport