RMC Sport

Athlétisme: Flaccus explique comment il a dopé Claude-Boxberger à son insu

Contrôlée positive en septembre dernier à l'EPO et provisoirement suspendue, la spécialiste du 3.000m steeple Ophélie Claude-Boxberger a dit avoir été dopée à son insu par le compagnon de sa mère, Alain Flaccus, qu'elle accusait par ailleurs d'agression sexuelle il y a quelques années. Ce dernier, après avoir confirmé cette version devant les enquêteurs de l'OCLAESP, vient d'accorder une première interview à l'Est Républicain. Et l'assure: oui, il a injecté la substance illicite à l'athlète durant un massage.

C'est une histoire rocambolesque, qui agite depuis quelques mois désormais le milieu de l'athlétisme français. Le 18 septembre dernier, la spécialiste du 3.000m steeple Ophélie Claude-Boxberger avait été contrôlée positive à l'EPO alors qu'elle s'entraînait à Fort-Romeu. Perquisitionnée à son domicile, provisoirement suspendue, l'athlète de 31 ans a très vite affirmé avoir été dopée à son insu par son beau-père Alain Flaccus, qui faisait partie de son encadrement sportif. Un homme qu'elle avait par ailleurs accusé d'agression sexuelle il y a quelques années...

Passé devant les enquêteurs de l'OCLAESP (office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique) fin novembre, Flaccus, 72 ans, a confirmé la version de Claude-Boxberger et avoué les faits. Après des semaines de silence, il a accordé ce jeudi une première interview à l'Est Républicain.

"Je l'assume et je l'assumerai"

A la question "Reconnaissez-vous avoir inoculé de l’EPO à Ophélie Claude-Boxberger, quelques jours avant son contrôle positif?", Flaccus se veut très clair. "Oui, je l’assume et l’assumerai", dit-il d'entrée.

Avant de donner les détails de la fameuse injection. "Je ne l’explique pas. J’ai eu une pulsion. […] Ce jour-là, Ophélie avait chuté à l’entraînement et m’a demandé avant de manger ou avant de se doucher si je pouvais la masser un peu plus tard. […] Je me suis dit que si je devais faire quelque chose, c’était à ce moment-là, se souvient-il. Pendant qu’elle n’était pas dans la pièce, j’ai décapsulé les deux seringues et les ai planquées sous le canapé sur lequel je dormais habituellement. Avec un appareil, je l’ai massée dans le bas du dos. Elle dormait à moitié parce qu’elle prend des somnifères, des anxiolytiques. J’ai continué avec la paume de la main, en appuyant. Comme j’avais préparé mes seringues, j’ai pris la première, pincé la peau avec la main gauche et injecté l’EPO en sous-cutanée avec la main droite. C’est allé très vite, je ne sais même pas si j’ai tout injecté. Elle a eu un sursaut, pensant que je l’avais griffée. […] Ce n’est que le lendemain que j’ai mesuré la bêtise que j’avais faite. […] C’est une connerie."

"Cette relation avec Serra m'énervait"

Pourquoi Flaccus a-t-il agi ainsi? Par jalousie, fait-il comprendre. Le septuagénaire ne supportait pas de voir Claude-Boxberger entretenir une relation avec Jean-Michel Serra, le médecin des Bleus, par ailleurs quinquagénaire.

Et le beau-père d’être interrogé sur les attouchements qu’il aurait commis sur Ophélie Claude-Boxberger à l’adolescence. "Contrairement à ce qui a été écrit, il n’y a jamais rien eu avec Ophélie. Il n’y a jamais eu de plainte déposée. […] Il n’y a eu que des écrits, pas d’attouchements ni de viol, juste un mail dans lequel je lui expliquais mes sentiments. Sentimentalement, on était proche, je ne rentrerai pas dans les détails mais ça peut paraître parfois ambigu. Et c’est vrai, cette relation avec Serra m’énervait", concède-t-il.

C’est donc pour nuire au médecin que Flaccus aurait injecté l'EPO. "Je me doutais bien qu’elle serait contrôlée à nouveau en rentrant de Font-Romeu. Peut-être qu’on ferait le rapprochement avec Serra. C’est complètement con, c’est absurde, stupide, souffle-t-il. Je n’ai pas mesuré les conséquences pour elle. [...] Je suis anéanti pour Ophélie parce qu’elle ne mérite pas ça."

CC