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"Aux Mondiaux et aux JO 2020, Renaud sera toujours là", assure Lavillenie

Malgré une barre à 5,95m qui lui aurait permis d’être sacré champion du monde l’an dernier, Renaud Lavillenie s’est classé troisième de la finale de la perche des championnats d’Europe de Berlin, remportée par le phénomène Armand Duplantis. Mais le Français n’a ni regret ni rage, juste la satisfaction de la constance.

Renaud Lavillenie, avez-vous des regrets concernant ce concours?

Sur un concours comme ça, tu peux ne repartir avec rien du tout comme avec une performance de dingue et une médaille… Je n’ai rien de négatif à dire. J’ai été en difficulté pas mal de fois, quelques galères à trouver les bons repères avec le sautoir. Les mecs étaient en feu et il fallait répondre quoi qu’il arrive. Je suis un mec de championnats. Peu importe ce qu’il se passe toute la saison, le jour du championnat, je suis sûr que je vais tout donner et que le moindre essai peut tout changer. J’espère que les gens vont mesurer l’exploit de ce concours. L’année dernière, avec 5,95m on était premier aux championnats du monde. Avec la même barre aux championnats d’Europe, je finis troisième. C’est un truc de dingue! 

Est-ce le concours le plus relevé de votre carrière?

Un concours aussi relevé, non je n’en ai jamais vécu. C’est clairement le plus gros concours de ma carrière. C’est extraordinaire. Je suis super content parce que je repars de Berlin avec une médaille de plus, ma 18e je crois. Je vais arriver à 20, j’espère à plus. C’est la médaille de bronze la plus relevée des championnats d’Europe.

On vous a vu très complices avec Armand Duplantis…

C’est un gamin que je considère comme mon frère. On s’est envoyé des messages aujourd’hui, en échangeant notre vision du concours. Notre objectif était d’être à côté sur le podium. Pendant le concours, quand on a vu la tournure que cela a pris, on s’est dit qu’on voulait qu’on y soit. C’est un super gamin. Je le connais, il sautait à peine quatre mètres il n’y a pas si longtemps. Je sais qu’il m’idolâtre toujours… je suis peut-être le seul perchiste à avoir été dans sa chambre en poster! Et il m’a battu, de la plus grosse des manières. C’est énorme. On parlait beaucoup de la passation de pouvoir entre Sergueï Bubka et moi quand j’ai battu son record… il n’a pas battu mon record, je reste devant. Mais ce qu’il a fait ce soir est incroyable. Je suis super fier d’avoir mis mon grain de sel dans la compétition !

Quel bilan tirez-vous avec un peu de recul?

Depuis 2009, je n’ai jamais fait pire que troisième, je suis toujours reparti avec une médaille. C’était un de mes objectifs quand j’ai commencé ma carrière. Et ma collection grandit. Je suis toujours en place. Quoi qu’il arrive, l’âge, les blessures, les changements dans la vie personnelle… plein de choses évoluent mais je donnerai toujours tout. C’est peut-être ce qui me rend le plus fier ce soir, de mesurer qu’il n’y a pas une année durant laquelle je ne suis pas monté sur un podium.

Craignez-vous de voir la jeunesse prendre définitivement la main?

Le vieux Renaud de 32 ans est toujours là, et on peut être sûr qu’aux championnats du monde l’an prochain, aux Jeux olympiques de Tokyo en 2020, Renaud sera toujours là. Sur une jambe ou pas… j’espère qu’il y aura toujours une médaille au bout.