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Bolt, le seigneur des anneaux

Bolt - Blake - Lemaitre

Bolt - Blake - Lemaitre - -

Vainqueur du 200 m, Usain Bolt est devenu, à 26 ans, le premier sprinteur à conserver son titre sur la distance et à réaliser un double-doublé 100-200 m aux JO. Christophe Lemaitre, lui, termine 6e de sa première finale olympique.

Jeudi soir, le livre d’or de l’athlétisme est ressorti des placards. C’est qu’il fallait bien dépoussiérer quelques pages de l’ouvrage. Quelques records à effacer des tablettes, d’autres, surtout, à rajouter. Rayer notamment celui des trois titres olympiques en sprint de Carl Lewis pour mentionner – à côté ou dessus ? – le nouveau tour de force réalisé par Usain Bolt. Sur la piste du stade olympique de Londres, « la Foudre » a frappé en 19’’32, pour conserver le titre acquis quatre ans plus tôt à Pékin sur 200 m. Ajoutez à cela la couronne déjà conservée dimanche sur 100 m et voilà Bolt premier sprinteur de l’histoire des JO à réaliser deux fois le doublé sur les distances reines de l’athlétisme. Et le premier, aussi, à garder jalousement son titre sur 200 m… encore quatre ans de plus.

De suspense, jeudi soir, il n’y en a jamais eu. Enfin, si un peu. Placé au couloir 2 pour avoir été repêché au temps en demie, Christophe Lemaitre avait une petite chance de s’inviter sur le podium et d’être, 52 ans après Abdoulaye Seye (JO de Rome 1960), le premier Tricolore à gratter une médaille olympique en sprint. Après tout, l’Américain Michael Bates l’avait bien fait, lui, en 1992 en partant du couloir 1 lors des JO de Barcelone. Mais après un bon départ, le Français (6e, 20’’19) s’est crispé à la sortie du virage, incapable d’appuyer sur le champignon.

Lemaitre : « Une légende du sprint mondial »

Churendy Martina, Wallace Spearmon et surtout Warren Weir le feront à sa place, ce dernier s’invitant sur la photo finish pour un joli triplé jamaïcain. Historique, celui là-aussi. Eh oui car derrière Bolt, il y a bien eu Warren Weir (19’’84) et surtout Yohan Blake. « La Bête » rêvait de griller la politesse à « la Foudre. » Elle a dû, comme dimanche dernier, se contenter (19’’44) de s’asseoir à la droite du maître, encore impressionnant de facilité. « Bolt était le meilleur. Il l’a prouvé sur 100 m. Ce n’est pas une surprise qu’il le fasse aussi sur 200 m. »

C’est que Bolt a encore coupé son effort bien avant la ligne d’arrivée, tandis que son adversaire, lui, ne décélérait pas. Preuve de la marge du champion. Et s’il avait accéléré jusqu’au bout ? Son record du monde (19’’19) aurait sûrement volé en éclats. Partie remise. De toute façon, il y avait déjà suffisamment de nouvelles pages d’histoire à écrire jeudi. Deuxième doublé 100-200m, cinquième médaille olympique en comptant le relais 4x100m de Pékin, sans compter ses cinq titres mondiaux (trois en individuel, deux en relais) : Bolt souhaitait avant Londres devenir une légende vivante de son sport. C’est déjà fait. « Chaque époque a eu ses cadors, Car Lewis, Maurice Greene, Justin Gatlin, rappelle Lemaitre. Là, c’est Bolt. Il a prouvé qu’il était une légende du sprint mondial. Il est au-dessus des autres. » Et vu la série de pompes du champion devant les caméras, ce n’est certainement pas fini… d’autant que le relais 4x100m commence ce vendredi.

A.D