RMC Sport

Bordeaux : Lavillenie et Mesnil font décoller la perche

Renaud Lavillenie et Romain Mesnil

Renaud Lavillenie et Romain Mesnil - -

Les exploits de Renaud Lavillenie cet été à Londres, et la présence de Romain Mesnil, figure de proue du club du Stade Bordelais, ont augmenté l’intérêt des jeunes de la région pour la perche. Reportage.

Mercredi « jour des enfants » au stade Stéhélin à Bordeaux. Une bonne soixantaine d'enfants âgés de 6 à 10 ans sont présents pour l'école d'athlétisme. Aujourd’hui, c'est initiation à la perche avec plusieurs ateliers qui ont pour but d'appréhender la discipline portée au sommet cet été aux Jeux Olympiques par Renaud Lavillenie. « On leur fait faire plein de petits exercices. Ils évoluent soit sur du sable soit sur l’herbe, pour apprendre à tenir la perche, savoir où mettre le pied d’impulsion, explique Fabrice Fortin, directeur de l'école d'athlétisme du Stade Bordelais, le plus grand club d'athlétisme de l'agglomération bordelaise. Ils vont pour la plupart finir sur le sautoir pour découvrir la différence entre un sautoir en mousse et un sautoir de compétition. Ils repartiront avec un ou deux sauts dans leur cartable. »

Parmi les enfants présents, le propre fils de Romain Mesnil, l'autre finaliste tricolore du concours olympique à Londres. En septembre dernier, lors de la précédente rentrée, ils étaient 80 inscrits... « C’est flagrant, il y a beaucoup plus d’inscrits, on en aura une petite centaine », se félicite Fortin. Un effet Lavillenie ? Certainement, même si l’engouement plus général pour les JO explique aussi les bons résultats. « On l’a regardé à la télé, on a tous crié avec ma maman, mon papa et ma sœur », raconte Maxime. « Ils ont suivi les Jeux, mais certains parents ne savent même pas qu’il y a eu un titre olympique alors que leurs enfants savent même à quel essai et à quelle marque (5m97) Lavillenie a gagné », s’amuse Fortin.

Le coach de Quinon et Mesnil forme les petits perchistes

Dans le même temps, et sur le même stade, les élèves du collège Saint André de Bordeaux s'entraînent également sous la houlette de Jean-Marc Bedecarrax. Ce professeur d'EPS, qui a monté une école de la perche au sein de l'établissement en compagnie de George Martin, est aussi l'entraîneur de Mesnil. Ils sont une cinquantaine d'inscrits. Même si le chiffre n'a pas évolué cette saison, Saint André est habitué à l’excellence. Depuis 2003, le collège bordelais a remporté quatre titres de champion de France UNSS (Union Nationale du Sport Scolaire) en saut à la perche !

Martin, qui a entrainé aussi Pierre Quinon, premier champion olympique français en 1984, et décédé depuis, explique où se situe le challenge. « L’objectif est de les mettre avant tout en confiance, raconte le coach. On a de toutes petites perches. Le danger, c’est la peur qui fait aller moins vite, et c’est là qu’il peut y avoir blessure. » Martin peut se rassurer. Le titre de Lavillenie, 16 ans après celui de Jean Galfione à Atlanta, va redonner des ailes aux petits perchistes de France et de Gironde. « J’aime quand on est en impulsion. On a l’impression de voler », s’enthousiasme Erwan.