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Chambers, le retour du banni

Dwain Chambers

Dwain Chambers - -

Dwain Chambers sera, ce mardi, la tête d’affiche du meeting de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Le sprinteur anglais de 34 ans tentera d’y réaliser les minima pour les Jeux olympiques de Londres, dont il a un temps été banni.

Dwain Chambers est un homme pressé. Parfois trop. Sa volonté d’aller vite, toujours plus vite, l’a même poussé à franchir la ligne jaune. Contrôlé positif aux stéroïdes en 2003, le sprinteur britannique a écopé d’une suspension de deux ans. Le début d’une longue traversée du désert, pas encore tout à fait terminée. Revenu sur les tartans en 2008, le Londonien essaye à tout prix de se refaire une virginité. Et de participer à « ses » Jeux olympiques.

Un combat encore loin d’être gagné, même si Chambers semble sur la bonne voie. Engagé ce mardi au meeting de Montreuil (épreuve du Pro Athlé Tour), il espère y réaliser les minima olympiques britanniques sur 100m (10’’18). Un temps dans les cordes du médaillé de bronze aux derniers mondiaux en salle d’Istanbul, sur 60 m. Car s’il a été banni à vie des JO par le comité olympique du Royaume-Uni, Chambers a vu cette sanction annulée par le Tribunal arbitral du sport (TAS) et peut donc postuler à un dossard sur la piste londonienne.

« Me refaire un nom dans le monde de l’athlétisme »

« C’était une période très difficile, se souvient-il. Je sais que j’ai fait du mal à beaucoup de monde en Angleterre. C’était un long processus. Je me suis mis beaucoup de monde à dos mais je commence à me refaire un nom dans le monde de l’athlétisme. » Un nom qui n’oublie toutefois pas que les organisateurs du meeting de Montreuil ont été parmi les premiers à lui tendre la main, lors de son retour de suspension, à une époque où il était copieusement « zappé » par les plus grands meetings.

C’est donc très humble et ouvert qu’il s’est présenté ce lundi en Seine-Saint-Denis, se prêtant joyeusement au jeu des photos et des autographes. Expliquant qu’il avait effectué quelques séances d’entraînements avec Usain Bolt et Asafa Powell (« une expérience fantastique »), il a également rappelé que, désormais, c’est vers l’avenir qu’il voulait se tourner. « Ce genre d’épreuves fait grandir, avoue-t-il. Il faut pouvoir aller de l’avant. Ça n’est pas arrivé qu’à moi, mais aussi à beaucoup d’autres athlètes britanniques. Il faut reprendre confiance en soi et continuer à évoluer dans son sport, malgré les erreurs qu’on peut commettre. » A désormais 34 ans, Chambers n’a plus de temps à perdre s’il veut disputer ses deuxièmes JO, après ceux de Sydney, en 2000. Mais désormais, il l’a promis, plus question de griller les étapes.

Alexandre Alain avec Camille Gelpi, à Montreuil