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Tamgho : « Il n’y a pas de limite »

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Avant les championnats d’Europe en salle qui auront lieu du 4 au 6 mars 2011 au Palais Omnisport de Paris-Bercy, nous suivons pas à pas la préparation du triple-sauteur français, champion du monde en salle, recordman du monde en salle et médaillé de bronze aux championnats d'Europe à Barcelone. Dimanche, il a brillé à Aubière, lors des championnats de France.

Teddy Tamgho, votre record du monde en salle ce dimanche (17,91m) prouve-t-il que vous êtes en grande forme à deux semaines de Bercy ?

J’étais très, très bien. Mais je ne suis pas encore dans une forme excellente. Il y a encore un peu de boulot à faire, un peu de fraicheur à acquérir. C’est quand même un record du monde. J’ai prouvé que mon boulot avec Ivan Pedroso ne me ralentissait pas. Au contraire. Je me suis écrasé sur le cinquième essai (17,59m). Celui-là, il serait allé énormément loin. Ce n’est pas grave. Il fallait gagner avant tout. Et le record, je le prends avec joie.

Les 18 mètres trottent-ils dans votre esprit ?

Ça vient petit à petit. Mais aujourd’hui, je suis venu pour gagner. L’année dernière, j’avais perdu. On est dans une situation où les championnats s’enchaînent. On pense de moins en moins à la performance mais de plus en plus à la place. C’est fini maintenant de dire que je vais faire une performance. C’était bon pour les meetings. Maintenant, la prochaine compétition, c’est Bercy. J’irai pour gagner et non pas pour faire une performance.

« Pedroso m’apaise »

Avez-vous pris votre revanche au triple saut après votre déception à la longueur la veille ?

Non parce que c’est différent. J’ai envie de prouver que je peux aller loin aussi à la longueur. Ça va se jouer aux championnats d’Europe. Enfin, je l’espère. J’ai commencé à entamer des discussions avec mon entraîneur. On va dire que c’est du 50-50 pour doubler à Bercy. Je sais qu’il y a des gens qui disent que je ne suis pas capable de doubler. Je fais confiance à mon entraîneur, à la préparation physique qu’on a faite. Je sais que je s’en suis capable. S’il me dit non, je suivrai.

Est-ce difficile de resauter derrière un record du monde ?

Si pour quelqu’un, 17,91m, c’est la limite, il peut s’arrêter. J’ai déjà fait 17,98m. J’ai la conviction que 17,91m, ce n’est pas ma limite. Intérieurement, il y a encore mieux à faire. Il faut toujours aller chercher plus. Usain Bolt, il a fait 9’’69 puis il est descendu à 9’’58. Elena Isinbayeva, elle bat ses records centimètre par centimètre. Il n’y a pas de limite.

Que vous apporte Ivan Pedroso ?

J’aborde les compétitions avec plus de sérénité. Il m’a fait comprendre que même si on n’est pas encore dans une forme excellente, on peut quand même sortir quelque chose. Il sait rester calme. Il n’est pas devenu fou comme moi. Il m’apaise. Il m’apporte énormément d’expérience. On montre que ça marche. Je tiens à dire à toutes les personnes qui n’y avaient pas cru que les performances parlent d’elles-mêmes.

Recueilli par Julien Tellier à Aubière