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La nouvelle vie de Mbango

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La double championne olympique de triple saut avec le Cameroun fêtera ce mercredi matin à Helsinki sa première sélection avec la France. Avec une terrible envie d’aller aux Jeux. Mais aussi de rendre l’ascenseur à sa nouvelle patrie.

« Eh toi, on te connait ! On t’a vue avec ta médaille aux Jeux !» Voilà comment les athlètes de l’équipe de France ont taquiné leur nouvelle partenaire, Françoise Mbango, à la fin d’un repas où l’athlète, discrète, essayait de se faire toute petite. Agée de 36 ans, celle qui a obtenu la nationalité française il y a deux ans a remporté deux médailles d’or olympiques en triple saut avec les couleurs du Cameroun (2004 et 2008), son pays natal.
A Helsinki, où débutent ce mercredi les Championnats d’Europe d’athlétisme, elle fêtera ce matin sa première sélection avec la France (qualifications à 11h25). « C’est un honneur et une joie de faire partie de cette équipe, dit-elle dans un large sourire. Ce seront mes premiers Championnats d’Europe. Je compte bien représenter mon maillot en essayant d’obtenir une qualification pour la finale. Mais aussi mon ticket pour les Jeux Olympiques, mon objectif. »

« Après les JO de Pékin, l’athlétisme me dégoutait »

Avant cette épreuve du triple saut, seulement trois centimètres la séparent des minima requis pour aller à Londres (14,27 m pour 14,30 m). « Normalement, ça devrait se faire, poursuit-elle, confiante. J’espère exprimer le meilleur de ma forme. J’aime les défis et renvoyer l’ascenseur. »
Dans la bouche de Françoise Mbango, cette phrase prend tout son sens. Confrontée à de nombreux problèmes avec la Fédération camerounaise, la triple sauteuse a vécu une longue traversée du désert après les JO de Pékin en 2008. « L’athlétisme me dégoutait, confie-t-elle. C’est lorsque j’ai obtenu la nationalité française que j’y ai repris goût. »
Mais rien n’a été simple pour celle qui réside en France depuis une dizaine d’années. « Heureusement, j’ai été bien accueillie. Des efforts ont été faits avant ma naturalisation. On a géré mes problèmes personnels, notamment la garde de mon fils, on a trouvé des stages… C’est peut-être peu pour certaines personnes. Pas pour moi. » Voilà pourquoi Françoise Mbango, avant de rêver des JO de Londres, savoure son séjour en Finlande : « C’est le début d’un nouveau et long parcours. Le premier pas sera très important pour la suite. »

Aurélien Brossier avec François-Xavier de Châteaufort