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Lavillenie : « Je n’ai jamais été confronté à ça »

Renaud Lavillenie

Renaud Lavillenie - -

Très déçu après sa médaille d’argent décrochée ce lundi aux Mondiaux de Moscou, Renaud Lavillenie a réagi sur RMC. Et le perchiste français a pointé du doigt les conditions difficiles dans lesquelles il a disputé son concours.
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Renaud, quel sentiment domine après cette médaille d'argent ?

C’est un sentiment très mitigé. Après, c’est une couleur que je n’ai jamais eue, sauf aux championnats de France ! (sourire). Je me console comme je peux. Je gratte une place par rapport aux derniers Mondiaux (où il avait obtenu le bronze à Daegu, ndlr). Ça a été dur pour moi aujourd’hui. Je n’ai jamais trouvé mon saut et ma course d’élan. Ça m’a perturbé mais je me suis battu. Donc rien que pour ça, je suis quand même fier de moi. Parce qu’avant mon dernier essai à 5,89m, je n’avais virtuellement pas de médaille. Il a fallu lutter. Je partais du couloir 3 de l’anneau et c’était extrêmement perturbant. Il y avait des lignes qui coupaient… Il y avait plein de trucs qui font que je n’ai jamais réussi à trouver ma course d’élan. C’est la première fois que je suis confronté à ça. C’est quand même un point négatif dans un stade aussi beau. Ça n’empêche pas de sauter haut, bien que…

A votre troisième essai à 5,89m, vous étiez dos au mur, virtuellement privé de médaille...

Oui, c’est sûr. J’ai été la chercher. Je ne me suis jamais mis sous pression, même à 5,96m. Autant il y a deux ans, à Daegu, j’avais merdé. Mais là, il y a une petite part que je n’ai pas pu gérer… C’est quand même une médaille. Depuis l’hiver 2009, je n’ai raté qu’une médaille dans les grands rendez-vous. Ce n’est pas rien. Ça reste du sport, donc je ne vais pas me plaindre. Mais il y a forcément un peu de déception, ça va passer…

« Je n'ai pas à me plaindre »

Raphael Holzdeppe a fait preuve de régularité en passant toutes ses barres dès son premier essai...

C’est ce qui a fait la différence. Il n’a pas été perturbé. Il ne partait pas du couloir 3 comme moi. Peut-être que ça a joué. D’autres concurrents qui s’élançaient de ce couloir n’ont pas été à leur meilleur niveau. Mais Holzdeppe a été bon. Ce n’était pas un concours pris à la légère. C’est bien d’avoir montré que j’étais présent. Je suis toujours dans le coup. Il ne me manque rien. C’est la perche malheureusement. Dès fois, ça passe. D’autres fois, non.

Au moment de votre dernier essai manqué à 5,96m, Valentin, votre petit frère, est apparu très ému...

J’avais presque l’impression que j’étais moins abattu que lui ! Ouais, ça fait chier quand même, il ne faut pas se cacher. Il y avait un problème et je n’ai pas réussi à passer outre. C’était quand même bien d’être avec Valentin sur le concours. Je ne repars pas les mains vides. L’or, c’est mieux, mais l’argent, c’est déjà pas mal ! Vu les circonstances, j’aurais un peu moins d’amertume qu’à Daegu. Je ne vais pas dire que je suis complétement dégoûté parce que ça reste quelque chose d’important. Les années post-olympiques sont toujours difficiles à gérer. Je n’ai pas à me plaindre de ma saison. Il y a quand même du bon à prendre. Pour ce titre mondial, je ne désespère pas. Je donnerai tout pour l’avoir. Et si c’est le cas, il ne sera pas venu tout seul et ce jour-là, ça sera vraiment énorme !

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Propos recueillis par François-Xavier de Châteaufort et à Moscou