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Mekhissi : « Il me manque 50 mètres »

Mahiedine Mekhissi

Mahiedine Mekhissi - -

Médaillé de bronze sur 3000m steeple aux Mondiaux de Moscou derrière les Kényans Kemboi et Kipruto, Mahiedine Mekhissi est fier du travail accompli. Et se montre encore plus ambitieux pour la suite de sa carrière…

Mahiedine Mekhissi, quel est votre sentiment après cette troisième place ?

Ça doit être ma 6e médaille dans un grand championnat (7e en réalité, 3 médailles d’or aux Europe, deux fois l’argent olympique, et désormais 2 de bronze aux Mondiaux, ndlr). C’est une satisfaction, une fierté. Ça prouve que je ne m’entraîne pas pour rien. Le but est de collectionner les médailles. J’ai couru pour gagner, ce n’est pas passé loin, ça passera une prochaine fois. Je suis fier d’apporter cette 3e médaille à l’équipe de France. J’espère qu’un jour j’arriverai à battre Ezekiel Kemboi (triple champion du monde), c’est la 3e finale où il me bat, ça commence à faire beaucoup…

Que vous a-t-il manqué pour aller chercher un peu plus ?

Ce n’est pas facile, ça ne se joue à rien. Ce qu’il me manque aujourd’hui, c’est 50 mètres. A 50 mètres de l’arrivée, je commence à avoir les jambes lourdes, c’est là qu’il fallait être le plus costaud, c’est le point fort d’Ezekiel. Ça reste une satisfaction, le chrono à l’arrivée est très bon, 8’06, ce n’est pas n’importe quoi. Ça n’a pas été une course facile, j’avais quatre Kényans face à moi, j’avais un œil sur les quatre. J’ai beaucoup fait les extérieurs, j’ai fait un peu plus de distance que mes adversaires.

C'est ce qui vous coûte une médaille d'argent ou d'or ?

C’est clair que j’ai laissé beaucoup de jus à deux tours de l’arrivée parce que je zigzague beaucoup, je fais des à-coups. Il y avait du très costaud en course. Moi je me « tapais » pour la médaille d’or, mais ça passera un jour, j’ai confiance pour la suite. Je suis encore jeune, j’ai 28 ans, je n’ai pas encore l’âge mature pour briller (Kemboi a 31 ans).

« Maintenant... me faire plaisir dans les meetings »

Vous confirmez que vous êtes toujours présent dans les grandes courses...

Quand je cours avec le maillot de l’équipe de France, j’essaye de représenter au mieux mon équipe. C’est ce qui me donne la force d’aller chercher ces médailles dans les grands événements. J’espère que les Français sont fiers de moi.

Comment envisagez-vous la suite de la saison ?

Maintenant, le but, c’est d’essayer de descendre sous les 8 minutes et de me faire plaisir dans les meetings.

On sent quand même une pointe d'amertume...

Je suis fatigué, j’ai eu beaucoup de pression. Ce n’est pas facile d’avoir le statut que j’ai. C’est lourd à porter, et j’ai le contrecoup, c’est la pression qui retombe, mais je suis content.

Vous êtes très complice avec Kemboi. Avez-vous échangé avec lui avant la course ?

Il m’a dit après les séries qu’il espérait que la victoire se jouerait entre lui et moi. Il préfère que je gagne plutôt qu’un autre Kényan.

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Propos recueillis par F.X. de C.