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Mekhissi, jour de sacre ?

Mahiedine Mekhissi

Mahiedine Mekhissi - -

Mahiedine Mekhissi compte bien monter sur la plus haute marche du 3000m steeple aux Mondiaux de Moscou, ce jeudi soir. Le Français assure avoir la recette pour, enfin, dominer l’armada kenyane en finale.

« Je ne suis pas champion olympique, je ne suis pas champion du monde et tant que je ne le serai pas, je n'arrêterai pas. » Ainsi parlait Mahiedine Mekhissi après les JO de Londres et la médaille d’argent décrochée derrière le Kenyan Ezekiel Kemboi, lui qui n’avait d’yeux que pour l’or et le titre olympique. Un peu plus d’un an s’est écoulé et la motivation du double champion d’Europe du 3000m steeple (2010, 2012) ne s’est pas toujours pas étiolée. Plus qu’une déclaration, ces mots sonnent désormais comme un vrai leitmotiv. Une ambition que Mahiedine Mekhissi compte bien assouvir ce jeudi soir, en finale des Mondiaux de Moscou.

Chaque été depuis trois ans, le Rémois est monté sur le podium d’une grande compétition. L’or européen à Barcelone en 2010, le bronze aux Mondiaux de Daegu en 2011, de nouveau le titre continental à Helsinki et l’argent londonien donc, le même métal que celui obtenu quatre ans plus tôt à Pékin. Mais jamais ce titre planétaire tant désiré, la faute au Kenya et à ces infatigables coureurs, encore capables ce jeudi de venir briser son élan. Paul Kispiele Koech, Abel Kiprop Mutai, Conseslus Kipruto… Et surtout le roi incontesté du 3000m steeple, Ezekiel Kemboi, plus fort que lui à Londres et encore souverain il y a un mois et demi à Saint-Denis, au meeting Areva.

« Je l’ai déjà battu dans des meetings, plusieurs fois, a rappelé Mekhissi lors d’un entretien accordé à RMC Sport sur son lieu d’entraînement, à Font-Romeu, courant juillet. Mais en championnat, je faisais des erreurs tactiques, beaucoup d’erreurs de placement. A l’approche du dernier tour, je n’étais pas au contact. Normalement, à 400 m de l’arrivée, on doit être bien placé. Moi, j’étais décroché. » Ne comptez pas sur le recordman d’Europe du 3000m steeple (8’00’’09) pour refaire les mêmes erreurs. « Je ne suis plus le petit jeune qui avait 20 ans, martèle Mekhissi. J’en ai 28 maintenant. J’ai pris en maturité, en expérience… Je sais ce que je veux. Je sais comment faire pour être un champion. »

« Je sais comment devenir champion »

La recette de Mekhissi ? Ce stage en altitude à Font-Romeu, qu’il affectionne parce qu’il aime « rester en France ». Ce goût du détail, cette envie d’aller toujours plus loin dans l’effort, lui qui reconnait « avoir du talent » mais qui préfère mettre en avant ses qualités de bosseur. « Ce qui fait la différence, ce sont les petits détails. J’essaie de m’améliorer au quotidien. J’essaie de faire plus, sans me cramer mais de manière intelligente. Je vise toujours la perfection. » A Font-Romeu, Mekhissi s’est conditionné à aller chercher l’impossible.

« Je le sens en confiance, confie Philippe Dupond, son entraîneur. Ça s’est vu sur le début de saison et sur les trois compétitions qu’il a faites en juin, où il a osé avouer ses objectifs, comme d’aller chercher la barrière des 8 minutes, aller chercher le record d’Europe. Quand on annonce des choses comme ça, c’est qu’on est en confiance, c’est qu’on a envie de se mettre en danger pour prouver des choses derrière. » Comme de dominer ces Kenyans et ce satané Kemboi jeudi soir. « Il faut être réactif, explique Mekhissi. Je me prépare à tous les scénarios, que ça parte lentement, rapidement… Que le meilleur gagne. Je ne veux pas avoir de regrets à l’arrivée. Je vais tout faire pour aller chercher la victoire. » Même favoris, les Kenyans sont prévenus.

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A.D avec A.A