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Mesnil : « Si je gagne, je cours nu dans le stade »

Vice-champion du monde 2007, Mesnil voit son compatriote Lavillénie lui rafler les projecteurs cette saison. Une motivation supplémentaire alors que débute aujourd'hui à Berlin les qualifications du concours à la perche.

Vice-champion du monde 2007, Mesnil voit son compatriote Lavillénie lui rafler les projecteurs cette saison. Une motivation supplémentaire alors que débute aujourd'hui à Berlin les qualifications du concours à la perche. - -

Il y aura trois français en finale samedi. Le Français Renaud Lavillenie apparait comme le favori, mais Romain Mesnil se montre tout aussi ambitieux. Dossevi complètera le trio.

Romain, vous semblez serein à l’heure d’aborder ces Mondiaux…
Oui, il faut toujours partir confiant lors d’un grand championnat. Après il y a forcément un certain stress par rapport à ce qui peut se passer. Maintenant, j’arrive relativement en forme. Sans blessure, ce qui est toujours important lorsqu’on a plus de 30 ans. J’ai réalisé une saison très régulière, avec notamment la deuxième performance mondiale. Mais je ne suis que n°2 français donc j’ai une insatisfaction importante. A moi de me bagarrer pour y remédier.

Vous avez une belle carte à jouer lors de ce concours…
Un concours de saut à la perche c’est toujours ouvert pour une médaille. L’an dernier à Pékin, on disait que c’était fermé et la médaille de bronze s’est jouée à 5,70 m. Il y a des années où ça devait gagner à plus de 6 m et ça s’est fait en 5,86 m. Cette année, certains favoris semblent un peu moins bien sur le papier mais il faut se méfier de tout le monde.

Y-a-t-il une émulation entre vous et Lavillenie ?
Oui, il y a une rivalité. Ca ne me fait pas plaisir d’être derrière lui. Même si il y a un côté agréable car j’ai pu me préparer plus sereinement. Ce qu’à fait Renaud cette année, m’a amené à être plus régulier. Ce qui me manque, c’est une performance de pointe. J’espère y arriver à Berlin. Je viens pour le titre. J’ai été vice-champion du monde – en 2007, à Osaka ndlr -, j’ai envie de plus. Surtout qu’à mon âge, je n’aurai plus énormément de cartes à jouer dans le futur.

Le fait que Lavillenie soit sous le feu des projecteurs a-t-il été difficile à vivre pour vous ?
Ce n’est pas les projecteurs qui ont été durs pour moi. Ce qui l’a été, c’est la performance pure et simple. Quand Renaud a franchi 6,01 m en début de saison, je me suis dit : ‘Comment il a fait ?’. Moi j’ai buté dessus pendant dix ans et lui il passe de 5,70 m à 6 m. Donc ça m’a fait bizarre. Mais quelque part ça m’a motivé à aller chercher plus loin et à ne jamais me satisfaire de ma performance.

Lors du meeting de Castres, au début du mois, vous avez annoncé ‘un grand Mesnil’ à Berlin…
Oui, car je me sens bien. Je veux aller chercher une médaille d’or. Ca ne m’est jamais arrivé jusqu’à présent. J’ai toujours visé le podium. Cette fois j’ambitionne d’aller plus haut. Maintenant je sais qu’il y a des barrières à franchir pour y arriver. Ca commence par les qualifications ce matin.

Aux yeux du grand public, Romain Mesnil c’est le perchiste qui a couru nu dans Paris. C’est l’occasion de prouver que vous êtes aussi un champion…
Je pense que si ma course à poil dans Paris a marché c’est parce que je suis aussi vice-champion du monde. Sinon ça n’aurait pas eu le même retentissement. Je suis fier de l’avoir fait car c’est quelque chose que j’ai créé et qui a très bien marché. A présent j’aimerais finir sur une belle note cette saison qui a mal commencée.

En cas de titre mondial, allez-vous courir nu dans le stade ?
(Rires). Bien sûr c’est prévu. Normalement avec le chèque que je gagne en tant que champion du monde, je devrais pouvoir payer l’amende. Donc à priori ça devrait être jouable.

La rédaction - François-Xavier de Châteaufort à Berlin