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Relais : les Bleues perdent leur argent

Le relais féminin français du 4x100m

Le relais féminin français du 4x100m - -

Deuxième de la course derrière les Jamaïquaines, le relais féminin français 4 x 100m s’était sublimé pour accrocher la médaille d’argent. Avant d’être disqualifié pour passage de témoin hors zone. Rageant.

« C’est magique. Franchement, quand on sait qu’on était quatre sur la piste, toute la France avec nous, forcément on était plus que motivé et ça a payé. Maintenant, on va savourer cette médaille. » Comblées de bonheur à l’issue de la finale, terminée derrière les intouchables Jamaïquaines (42’’73 contre 41’’29) mais devant les Américaines, Myriam Soumaré et ses copines du relais 4x100m – Céline Distel-Bonnet, Stella Akakpo et Ayodélé Ikuesan – n’ont pas pu savourer leur argent très longtemps.

La faute à une disqualification prononcée par le jury d’appel de la Fédération internationale pour passage de témoin non conforme, car hors zone, entre la deuxième relayeuse, Ikuesan, et la troisième, Soumaré. Quatrième de la course, l’équipe anglaise avait trente minutes pour poser réclamation, ce qui sera fait pile dans la limite. Résultat ? Adieu l’argent pour les Bleues et bienvenue sur le podium pour les Anglaises, qui récupèrent le bronze de la troisième place. Le tout après la cérémonie protocolaire qui avait vu les Françaises monter sur la boîte pour recevoir leurs breloques…

Une disqualification près de trois heures après la course

Si la décision a été si longue à prendre, c’est qu’un recours dans le relais hommes est intervenu en même temps. Et parce que les Anglais ont fourni énormément de vidéos. Le camp tricolore a bien tenté de contre-attaquer en arguant du fait que les décisions sont irrévocables après le podium. Une règle qui, malheureusement pour Soumaré et ses partenaires, n’existe plus désormais. Le jury d’appel a donc pris le dossier en mains avant de disqualifier les Bleues… près de trois heures après leur deuxième place sur la piste.

Une version contestée par le président de la Fédération française, Bernard Amsalem, qui crie au scandale : « J’ai demandé aux juges s’ils avaient reçu une réclamation des autres équipes et on m’a dit que non. Donc il y a deux poids, deux mesures. Disqualifier la France est donc la décision du juge-arbitre deux heures après la compétition et surtout après le podium. C’est un manque de respect pour les athlètes. A cette heure-ci, je ne peux pas vous décrire l’état dans lequel sont les filles tellement c’est dur. C’est scandaleux. Le règlement dit que les équipes ont une demi-heure pour déposer un recours mais il est très imprécis sur le rôle du juge-arbitre. Ce dernier doit normalement, c’est le terme, faire en sorte que la disqualification arrive avant le podium. Mais le mot normalement laisse une liberté totale. Et là, en l’occurrence, c’est deux heures après… Sur la vidéo, c’est vrai qu’il y a une faute. Mais on aurait pu aussi faire la même chose avec le 4x100m masculin, où on voit l’Américain Gatlin marcher dans le couloir du voisin. Personne n’a posé de réclamation, ni le juge-arbitre ni les autres équipes, donc la course est validée. La question de la vidéo se pose, comme dans d’autres sports. Ça fait tâche. Cette décision est une insulte au sport et aux athlètes. Je trouve ça navrant et déplorable pour l’image de l’athlétisme. »

« C’est surtout très dur pour les filles mais c’est la règle, c’est le sport, juge le DTN Ghani Yalouz. C’est comme en saut, si vous mordez, le saut n’est pas validé. Malheureusement, les pays qui cherchent une médaille ont vu la faille. Ce n’est pas à notre avantage mais je suis surtout triste pour les filles. Avoir une médaille et ensuite te la faire retirer, c’est terrible. » Quelques minutes après l’or de Teddy Tamgho au triple saut, qui avait boosté les filles, l’argent du relais avait un immense goût de bonheur. Il est devenu amer en fin de journée.

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A.H. avec P.Ta. et F.-X.C. à Moscou