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Robert-Michon : « Je ne suis plus sur Terre ! »

Mélina Robert-Michon médaillée d'argent aux Mondiaux (disque)

Mélina Robert-Michon médaillée d'argent aux Mondiaux (disque) - -

La France tient sa première médaille dans ces Mondiaux de Moscou. A 34 ans, Mélina Robert-Michon a décroché l’argent en finale du lancer du disque, derrière la Croate Sandra Perkovic et avec un nouveau record de France (66,28m).
Mélina Robert-Michon médaillée d'argent aux Mondiaux (disque)
Mélina Robert-Michon médaillée d'argent aux Mondiaux (disque) © -

Mélina Robert-Michon, avec votre médaille d'argent à Moscou et le record de France, vous avez vécu une superbe journée. Que ressentez-vous ?

Je pense que je ne pouvais pas rêver mieux. C’est la performance que je voulais. Je le disais depuis le début de la saison. En plus, battre le record de France sur une finale, c’est énorme. La médaille, le record : je ne peux pas rêver mieux. J’avoue ne plus être trop sur Terre. Je ne sais pas où je suis. J’ai un peu l’impression de rêver. Je profite, mais j’ai l’impression de ne plus être là ! (Rires) 

Aviez-vous l'objectif de monter sur ce podium ?

Beaucoup n’y croyaient pas, pensaient que si j’étais finaliste, ce serait déjà bien. J’avais envie de leur montrer que j’en étais capable. Je savais que je n’étais pas loin de toutes ces filles-là et qu’il ne manquait pas grand-chose. Mon objectif de l’année, c’était les Mondiaux. Même dans tous les meetings, la motivation n’était pas la même. C’est ce que j’avais en tête, c’est à ça que je pensais tous les jours à l’entrainement. C’est vraiment le top du top.

Comment avez-vous géré cette finale ?

Je savais qu’il fallait bien rentrer dans le concours. Je prends la deuxième place dès mon troisième essai. Ça me permettait d’être dans les dernières à lancer et de réagir si une fille revenait. Mais je pense que ça les a un peu assommées parce que, dans tous les meetings, elles ont toujours été devant moi. Je crois qu’elles ne pensaient pas me voir à ce niveau. Ça fait d’autant plus plaisir.

Avez-vous cru à la médaille d'or ?

Après mon jet à plus de 65m, toutes les barrières sont tombées pour moi. Je me suis dit qu’il ne pouvait plus rien m’arriver. J’ai même vu dans le regard de Sandra Perkovic (médaillée d’or, ndlr) qu’elle commençait à douter. Quand nos regards se sont croisés, j’ai perçu de l’appréhension chez elle. Rien que ça, ça m’a apporté de la confiance. Elle était tellement au-dessus de nous toute la saison qu’elle ne pensait pas avoir de concurrence derrière elle, surtout pas moi.

Cette médaille arrive après de nombreuses années d'efforts, dans une discipline peu médiatisée...

Commencer les Mondiaux par une médaille au disque, je pense que c’est une première. J’espère vraiment que ça mettra un coup de projecteur sur ma discipline et que ça montrera à tout le monde qu’il ne faut jamais lâcher. Chacun son chemin. Même si on met 10 ou 15 ans pour y arriver, il ne faut jamais lâcher. Il faut tout donner, garder confiance. Je savais que mes coaches m’avaient bien préparée. Je leur fais confiance, je m’entraine en fermant les yeux. Je savais que tout était prêt. Il fallait juste le faire.

A qui pensez-vous après cette médaille ?

Je pense à tous ceux qui m’ont aidée, à mon club de Lyon Athlé qui a vraiment cru en moi et m’a permis de me préparer dans les meilleures conditions possibles. Je remercie aussi Loïc, mon compagnon, qui gère aussi le quotidien quand je suis en déplacement. J’ai pensé à ma fille aussi parce que ce n’est pas toujours facile de partir en stage… Cet ensemble de choses, c’est ce qui a été mon plus et c’est ce qui a fait la différence par rapport aux autres.

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La rédaction