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Tamgho : « Ça va être la guerre ! »

Teddy Tamgho sera l'une des prinipales chances de médailles françaises aux Europe en salle de Bercy, ce week-end

Teddy Tamgho sera l'une des prinipales chances de médailles françaises aux Europe en salle de Bercy, ce week-end - -

Le triple sauteur, qui vient de claquer le record du monde en salle, sera l’une des grandes attractions du rendez-vous continental qui débute ce vendredi à Paris. Le Francilien promet un combat sans merci à Bercy.

Teddy Tamgho, à vous observer, on a l’impression que vous êtes déjà dans la compétition…
Ah non pas du tout ! Là je suis tranquille. On n’est pas encore arrivé à l’hôtel donc je n’ai pas beaucoup de pression pour le moment. On a terminé les réglages. Maintenant j’essaie de maintenir mon niveau.

Vous venez à Bercy avec un record du monde en poche (17m91). Aux championnats d’Europe, qu’est ce qui sera le plus important : la performance ou le titre ?
La performance sera vraiment secondaire. Dans un championnat, il y a un champion, un vice champion et le 3e. C’est ce qui détermine la valeur de chacun. Il va falloir gagner tout simplement, mais avant tout passer les qualifications. Il y a deux ans je partais favori pour les championnats d’Europe. J’ai fais 13e et je suis sorti direct ! On va essayer de faire mieux cette année.

Le fait de battre le record du monde vous a-t-il libéré d’un poids ?
Non, parce que je savais que je pouvais sauter loin. 17m91, c’est quand même un record du monde, en plus c’est le mien. Ça me fait un peu sourire… Je suis vraiment content mais ce n’est pas ça qui va me soulager. Je savais que j’étais fort. Mais aux championnats d’Europe, les compteurs seront remis à 0. Je partirai avec une marque à 0 mètre.

Votre pic de forme est-il programmé pour ce week-end ?
Je vois la chose différemment. Quand un sportif va chercher un pic de forme, ça va être pour claquer la performance le jour J. Alors que moi, je le vois plus pour avoir de la marge, pour attaquer et pour répondre. Dans un championnat, c’est la guerre. Je ne vais pas essayer de faire 18 mètres ou plus. Je vais juste chercher à me dire : « L’adversaire pourra sortir ce qu’il veut, je pourrai répondre. » Moi, il me sert à ça mon pic de forme.

Vous n’avez pas peur d’être grisé par l’ambiance ?
Non, ce n’est pas possible. Je n’ai absolument pas peur. Je sais comment il faudra gérer le truc. Quand il y a de l’euphorie comme ça, il faut être capable d’être un peu calme pour contenir son énergie et la ressortir dans le saut.

Avez-vous également comme ambition qu’on parle plus de triple saut en France ?
Pas seulement en France, dans le monde entier. Je suis là pour promouvoir l’athlétisme et ma discipline. Plus on en parle et mieux c’est pour nous. On est cinq Français dans le top 20, de 17 mètres 78 à 17 mètres 91. On fait mieux que les Cubains, que les Russes, que les Américains. On espère que les gens se rendent compte de ça.

Ça représente quoi de pouvoir disputer un événement chez soi ?
C’est énorme. On sait très bien que tout le monde va être alerté. Le public sera à 100% français. Quand je vais voir les matchs du PSG, je peux me faire une petite idée de ce que ça va être.

Espérez-vous que les projecteurs ne soient pas uniquement braqués sur le sprint ?
Le problème c’est que la finale des Jeux olympiques, c’est le 100 mètres. On sait très bien que le sprint aura toujours un petit avantage. Maintenant il faut aussi savoir peser les choses. Il faut que le public regarde là où il y a des vraies performances, comme à la perche où Renaud (Lavillenie) fait des choses extraordinaires et le lancer où on a une belle école même si elle est un peu en retrait aujourd’hui.

Où en est votre collaboration avec Ivan Pedroso ?
On verra les résultats aux championnats d’Europe. C’est là qu’on fera le bilan comme on l’avait dit au départ.

Il sera à Bercy ?
Même s’il est malade, il sera là…

Propos recueillis par Rémi Perrot à l'INSEP