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Tamgho, un rebond au sommet ?

Teddy Tamgho

Teddy Tamgho - -

Deux ans après sa dernière compétition internationale, Teddy Tamgho dispute la finale du triple saut des Mondiaux de Moscou, ce dimanche (14h45). Avec la ferme intention de décrocher une médaille d’or synonyme de nouveau départ.

Son titre de champion de France, en juillet dernier à Charléty, avait préfiguré du meilleur. Un troisième sacre national pour matérialiser son retour sur les sautoirs. A 2500 km de Paris, Teddy Tamgho (24 ans) veut désormais entrer pleinement dans sa deuxième carrière. Et pas n’importe comment : avec une médaille d’or autour du cou, sur le podium des Mondiaux de Moscou. Qualifié pour la finale, avec un bond à 17,41m à son deuxième essai, le triple-sauteur français a signé la meilleure performance des qualifications. Annonciateur avant la finale de dimanche ?

« La finale, c’est un autre concours, tempère le Parisien. Certains vont montrer leur vrai visage. Beaucoup se cachent, j’ai pu le remarquer. Il faudra que je sois à la hauteur. Mais je suis vraiment, vraiment content de revenir au plus haut niveau. » Un haut niveau qu’il a quitté durant deux années cauchemardesques. Entre une rupture de la malléole avant les Mondiaux 2011 de Daegu et une suspension d’un an (dont six mois avec sursis) suite à une altercation avec une autre athlète, Tamgho avait disparu des écrans radars. Des épreuves éprouvantes physiquement et moralement, mais qui l’ont forcé à se relever de plus belle.

« Pas un sentiment de revanche »

Pendant son absence, le recordman du monde en salle (17,92m) a vu la concurrence bondir de plus en loin. Les Américains Christian Taylor, champion olympique et champion du monde, et Will Claye, ainsi que le Cubain Pedro Pichardo, seront ses principaux adversaires ce dimanche pour la finale mondiale. Yoann Rapinier, un autre Français, pointe également le bout de son nez. « Pendant mon absence, ils ont travaillé et ont récolté les fruits de leur travail. Je me situe à la troisième place au niveau mondial, derrière Taylor et Pichardo, estimait Tamgho avant les Mondiaux. Je suis en retrait par rapport à eux mais je travaille pour rattraper l’écart. »

Si son physique n’est pas encore celui de ses plus belles années et que les repères manquent encore forcément, Tamgho peut compter sur une force de caractère que la concurrence ne possède pas et qu’il s’est forgé loin des tartans. Face aux critiques. « Avec les épreuves de la vie, vous apprenez à vous mettre du plomb dans la tête, avoue-t-il. Ça améliore le comportement. Ça m’apporté énormément dans la gestion des compétitions. Ça a été une bonne chose. Si par la plus grande des chances, il devait y avoir un titre, je le savourerais pour tous les sacrifices que j’ai faits, pas comme un sentiment de revanche. » Si un titre ce dimanche n’effacerait rien des souffrances endurées, il sonnerait comme le vrai retour de Tamgho. Par la très grande porte. 

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Rapinier, le roi de l’embrouille ?

La finale du triple saut aura un fort accent français ce dimanche à Moscou. En plus de Teddy Tamgho, ils seront deux représentants tricolores à s’élancer. Si Gaëtan Saku Bafuanga Baya (16,63m) a été repêché in extremis, Yoann Rapinier a signé la deuxième meilleure performance des qualifications (17,39m). De quoi avoir le podium dans un coin de la tête. « Pour mes premiers championnats du monde, c’est un grand coup. Je peux jouer les casse-cou, les embrouilleurs, annonce le natif de Pontoise, âgé de 23 ans. Après, il y a une classe d’écart avec les autres, j’en suis conscient et il faudra simplement que je donne le meilleur de moi-même. Et advienne que pourra. »

AA avec FXC et P.Ta et à Moscou