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Un dimanche de rêve

Mahiédine Mekhissi

Mahiédine Mekhissi - -

Six médailles supplémentaires – deux d’or et quatre en argent – sont venues gonflées, ce dimanche, le remarquable bilan de l’équipe de France à Barcelone. Avec 18 breloques, les Bleus terminent en deuxième position au rang des nations, derrière la Russie. Une réussite totale.

Les championnats d’Europe se sont refermés ce dimanche. Pour conclure comme il se doit une compétition continentale historique pour l’athlétisme français, il fallait sans doute un dernier feu d’artifice. Les Bleus ont raflé six médailles –deux en or et quatre argent-, grâce aux relais masculins et féminins, le 3000 mètres steeple mais également à la faveur des inattendus Hind Dehiba (1500 m) et Kafétien Gomis (longueur). Le bilan est sensationnel. Les 18 médailles obtenues lors de ces « Europe » dépassent le record précédent (15) datant de 1950.

La meilleure illustration de la domination française tient probablement dans le mano a mano entre Mahiedine Mekhissi et Bouabdellah Tahri qui ont écœuré leurs concurrents du 3000 mètres steeple. Partis dès les premiers mètres en tête, l'Espagnol José Luis Blanco n’a plus revu le maillot bleu, blanc, rouge des deux athlètes. Ennemis hier, réconciliés et amis aujourd’hui, Mekhissi et Tahri ne se sont lâchés qu’au franchissement du dernier obstacle. Le duel a tourné en faveur du plus jeune, Mekhissi. Presque gêné, il a tenu à rendre hommage à son ainé : « Cette médaille n’est pas pour moi, mais pour la France. Je suis partagé car je gagne devant Bob. C’est un peu comme mon grand frère. Aujourd’hui, ça ne s’est vraiment joué à rien. »

Lemaitre, la passe de trois

Avant eux, quatre garçons dans le vent sur 4x100 mètres ont joué leur petite musique sur la piste du Lluis-Companys de Barcelone. Une partition parfaite, couverte d’or, initiée par Jimmy Vicaut poursuivie par Christophe Lemaitre, et Pierre-Alexis Pessonneaux, avant que Martial Mbandjock ne vienne conclure le récital, en allant chercher l’Italien Maurizio Checcucci dans la dernière ligne droite. « J’avais l’impression de ne pas courir seul », témoigne Mbanjock, désormais triple médaillé européen après le bronze sur 100 et 200 mètres.

Si pour Vicaut et Pessonneaux, il s’agit d’une première médaille, Christophe Lemaitre a réussi le triplé en or après le 100 m et le 200 m, le même à l’échelle continentale qu’avait enlevé un certain Usain Bolt, aux Mondiaux de Berlin l’année dernière. « J’aurais voulu faire un quadruplé, mais le 4x400 mètres ne voulait pas de moi », blague la star des championnats d’Europe »

Les féminines ont à peine fait moins bien avec la médaille d’argent, derrière l’Ukraine mais devant la Pologne. Par gourmandise on pourrait parler de déception. Mais il n’y a pas de quoi être contrarié. Un titre de vice-champion continental a de la valeur. Ce n’est pas James Theuri qui dira le contraire. Le Français d’origine kényane a mené l’épreuve de marathon jusqu’au 30e kilomètre, avant de connaître la désillusion suite à une défaillance. Après la course, pas une des relayeuses ne regrettait de ne pas avoir emporté le titre. « J’ai tout fait : l’or, l’argent le bronze, s’enthousiasme l’insouciante Myriam Soumaré. Je suis vraiment contente. Il y avait une bonne ambiance dans ce relais, c’est pour ça que j’y ai toujours cru.»

De la foi, il en fallu à Hind Dehiba, sur 1500 mètres, et à Kafétien Gomis, à la longueur (8,24m), tous deux médaillés d’argent, pour se surpasser, et conclure des championnats d’Europe admirables.

Paul Basse