RMC Sport

Diagonale des fous: la 30e édition est partie

Un coureur participant au marathon La Diagonale des Fous, à La Réunion le 20 octobre 2017

Un coureur participant au marathon La Diagonale des Fous, à La Réunion le 20 octobre 2017 - RICHARD BOUHET / AFP

A 21 heures, heure locale, 2832 coureurs se sont élancés jeudi depuis Saint-Pierre, au sud de l’île de la Réunion. Grand départ de la 30e édition de la diagonale des fous. Une course mythique de l’ultra-trail. 165 kilomètres de course et 10.200 mètres de dénivelé. RMC Sport y était.

Une chaude ambiance. Un speaker prêt à se casser la voix pour entendre le public. "Est-ce que vous êtes chaud Saint-Pierre ? Allez on tape dans ses mains", lâche-t-il au micro. Musique à fond dans les enceintes. Pour les Réunionnais, le départ de la Diagonale des Fous est une vraie fête (20-23 octobre). Jean-Baptiste l’a déjà courue à plusieurs reprises mais, cette fois, il était derrière les barrières en tant que spectateur: "C’est la course phare à l’île de la Réunion, parce que tout le monde l’attend toute l’année".

Accoudées aux abords de la ligne de départs, ces Réunionnaises viennent tous les ans: "C’est la famille. On est là pour les encourager. C’est La Réunion". Et faire du bruit, tous ces suiveurs en ont fait. Katia revient pour la deuxième fois sur cette épreuve: "C’est une ambiance de folie, on est porté par le public. Tout le monde est derrière nous".

"3, 2, 1, go!". Ça y est, la trentième édition de la "diag" est partie. Premier sas de départ, les professionnels, dit les élites. Lampe torche sur le front, sac à dos rempli, ils partent vite. Toutes les dix minutes, quatre autres sas se suivent. Avec, dans chaque, des centaines de coureurs et coureuses. Ils s’élancent pour 165 kilomètres et 10.000 mètres de dénivelés. Une course extrêmement difficile, éprouvante. Avec un parcours sinueux voire dangereux à certains endroits. Ils vont passer proche du Piton de la Fournaise, volcan actif de l’île, qui était en éruption il y a encore un mois. Puis par les cirques Mafate, Salazie et Silaos.

Maxime, 31 ans, est à La Réunion pour la première fois: "On va s’amuser et on va surtout beaucoup souffrir". Il va courir avec son ami Flavio. Lui ne souffre pas de stress: "J’ai trop hâte. C’est un challenge qui paraît impossible en fait". Parce que la diagonale des fous est une course légendaire pour tous ces fans d’ultra-trail comme Olivier, 45 ans: "C’est un mythe, une légende. Elle fait rêver parce que c’est La Réunion, un cadre paradisiaque. Mais en même temps c’est une course avec beaucoup de souffrance, de transpiration. Et elle nous demande d’aller au bout de soi-même". Les organismes vont être poussés à bout. Il va falloir gérer son effort, surtout pour les moins aguerris. "Gérer le sommeil, l’alimentation, tout ça sur une longue distance. Je ne sais pas ce que je fais là, ça a l’air super dur", lâche sérieusement Guénolé, coureur de 33 ans.

"Consécration de dix ans de trail"

Au milieu de ces milliers d’ultra-traileurs, il y a Sophie, 50 ans, les larmes aux yeux: "C’est mon rêve depuis toujours. Pour mes 50 ans, mon cadeau est de faire la Diagonale des Fous. C’est une consécration, c’est la course que tout le monde veut faire". Dix ans qu’elle fait du trail, c'est sa première fois sur l’île. "Je suis heureuse, je suis émue mais tout va bien. On est des fous d’être là. Faut être barge et je le suis". Son objectif? "Je veux finir, sans me faire mal, ne pas prendre de risques".

Pour la plupart des "amateurs", ceux qui y participent la première fois, le but est de prendre du plaisir, si c’est possible. Car eux, peuvent passer jusqu’à trois nuits dans la montagne. "On est prêt dans la tête, physiquement on a essayé de l’être", rit Jean-Michel qui va courir en couple avec Katia, sa femme. La barrière horaire est de 66 heures. Parfait pour Flavio, 32 ans et première participation: "C’est une aventure, on a le temps d’en profiter. Pas besoin de se presser. Je vais courir la première ligne droite et ensuite marcher tout le long du parcours", ironise le vendéen.

Mais pour les pro, l’objectif est tout autre. Finir en moins de 24 heures. L’an dernier, Ludovic Pommeret et l’Italien Daniel Jung avaient franchi la ligne d’arrivée au stade de la Redoute à Saint-Denis en 23 heures 2 minutes et 21 secondes.

Léna Marjak