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Tamgho : « Je sais que je suis fort »

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Chaque semaine, le champion français, recordman du monde en salle du triple saut, 3e performeur de tous les temps en plein air (17,98m), nous dévoile les coulisses de sa préparation pour les Championnats d’Europe en salle, du 4 au 6 mars 2011 à Paris. Focus sur les excellents 17,46m réussis le week-end dernier.

Comment s’est déroulée la semaine précédente votre meilleure performance mondiale de l’année (17,46m), ce dimanche au meeting régional de Liévin ?

Je me suis beaucoup entraîné à base de travail musculaire et de puissance. J’ai sauté et couru à fond sans préparer cette compétition de niveau régional. Je me suis seulement décidé à concourir la veille de la compétition, le vendredi soir. Moi et mon entraîneur souhaitions travailler au niveau des concours avant le grand meeting international de Liévin (le 8 février). Il fallait que je saute ailleurs qu’en entraînement pour être serein avant les grandes compétitions.

Avez-vous été surpris par votre performance ?

Oui et non, je sais que je suis fort et que j’ai beaucoup progressé mais à cause du travail physique effectué la semaine dernière, je ne pensais pas être aussi fort. Sauter 17,46m dès le premier essai m’a un peu surpris. L’année dernière j’avais commencé à 16,72m, donc cette année je m’attendais plus à sauter aux alentours des 17 mètres. La manière dont j’ai réalisé ce saut m’a étonné car je n’ai pas vraiment couru, ce qui signifie qu’il me reste une bonne marge de progression dans la course.

Les sauts suivants ont été moins convaincants…

C’est vrai que j’ai mordu et avorté les essais suivants mais nous étions convenu avec Ivan Pedroso (son entraîneur) de tester de nouveaux réglages. Il vaut mieux que ça arrive à ce concours qu’en meeting.

« Il y a trois jours J »

Comment interprétez-vous ce saut ?

Je ne saute plus au plafond après ce genre de performance, je sais que j’en suis capable, ce n’est pas ça qui va me rendre hyper-joyeux. Bon, j’avoue quand même que ce saut m’a fait très plaisir (rires).

Suivez-vous les performances de vos adversaires ?

Non, absolument pas, je me focalise sur moi-même. Qu’ils fassent 18 ou 17 mètres, ce qui importe c’est de répondre présent le jour J. Si je suis le plus fort, je gagne, sinon cela voudra dire que quelqu’un aura été plus fort que moi…Je me prépare pour être à 100 % le jour J.

Quel est votre « jour J » ?

Il y en a plusieurs, en fait. Le petit jour J est celui du Championnat d’Europe en salle à Bercy le 6 mars, le moyen correspond aux Mondiaux d’athlétisme à Daegu en Corée du Sud (finale du triple saut le 1er septembre) et le vrai gros jour J m’amène en 2012 aux Jeux olympiques de Londres.

Qu’allez-vous faire cette semaine ?

Ce sera plus cool que la précédente, je ressors de deux semaines lourdes de travail. L’objectif est de recharger les batteries avant de débuter une nouvelle semaine plus physique avant le meeting de Liévin.