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Un micro qui coûte un record

Bolt et Lemaitre n'ont pas pu réaliser les performances espérées au Stade de France.

Bolt et Lemaitre n'ont pas pu réaliser les performances espérées au Stade de France. - -

Le 200 mètres du meeting Areva, vendredi soir, devait permettre à Christophe Lemaitre de battre le record de France de la spécialité derrière la locomotive Usain Bolt. Mais un souci technique sur le micro du starter en a décidé autrement.

C’est ce qu’on appelle planter le clou du spectacle. Dans les grandes largeurs. Attendu par les 49174 spectateurs du Stade de France, le duel entre Usain Bolt et Christophe Lemaitre n’a pas atteint les sommets chronométriques espérés. La faute au micro du starter, en panne à l’heure de donner le départ du 200 mètres. Un souci technique qui entraînera les sifflets du public et retardera le coup de pistolet de… 14 minutes, une éternité dans le monde des sprinteurs, mécaniques de précision pour lesquelles le moindre dérèglement peut se révéler fatal. De quoi refroidir les corps (les paniers avec les survêtements des athlètes avaient déjà été retirés) et faire gamberger les têtes. Résultat ? 20’’03 pour Bolt, même s’il a décéléré sur la fin, et 20’’21 pour Lemaitre. Qui échoue dans son double objectif du soir : battre le record de France de la spécialité, qu’il co-détient avec Gilles Quénéhervé (20’’16), et descendre sous les 20 secondes.

Bolt : « Le retard m’a sorti de la course »

« J’étais bien chaud et impatient de courir, raconte Lemaitre. Mais après ce problème technique, c’était difficile de garder la concentration, l’influx, de rester dynamique. Petit à petit, je me suis refroidi musculairement. Ce n’était pas l’idéal pour faire un chrono. Pourtant, je l’ai dans les jambes. » Les techniciens s'accordent tous sur un point : une telle attente peut coûter de deux à trois dizièmes. Soit tout juste ce qu'il a manqué à Christophe pour tutoyer les 20 secondes. Un peu malade avant le meeting, le maître Usain ne se cache pas derrière cette excuse et va dans le sens du Français. Même ses pitreries à l’adresse du public n’ont pu compenser les conséquences de l’attente : « Le retard m’a sorti de la course. Je me suis trop refroidi. » Les mines défaites des membres de l’organisation en disaient long sur le niveau du couac. Les sourires forcés de Bolt et Lemaitre aussi. Ou comment un micro récalcitrant peut tout gâcher.