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Doucouré : « Je ne suis pas si fini que ça »

Ladji Doucouré

Ladji Doucouré - -

Auteur de chronos intéressants en ce début de saison, Ladji Doucouré (30 ans) commence à valider son choix de s’exiler aux Etats-Unis en octobre 2012. Toujours motivé, le hurdler de 30 ans a confié ses ambitions dans le TP Show.

Ladji, que signifient ces chronos de début d'année pour vous ?

Ça ne signifie pas grand-chose mais c’est vrai que le temps de 7’’08 que j’ai fait il y a deux semaines aux Etats-Unis (à Columbia, ndlr) était mon record sur 60 yards, donc 55m haies, qui datait de 2004. Sur cette distance, il y a cinq haies, comme sur 60m haies, même s’il y a deux ou trois appuis en moins. C’est mon meilleur début de saison en carrière. Quant à mes 7’’70 (à Aubière, ndlr), je n’ai pas fait ce temps-là depuis quatre ans. C’est long ! Ça fait beaucoup de bien à la tête. Tous les jours, le coach (Sylvanues Hepburn) me pousse en me disant : « Crois en toi ! » Je fais tout pour croire en moi mais il y a toujours une part de doute. Ça m’a quand même libéré de voir que je ne suis pas si fini que ça.

Qu'attendez-vous de cette saison ?

J’aimerais bien valider mes 7’’08, ce qui veut dire 7’’60 sur 60m haies. Je suis à un dixième. Ça me permettrait d’être bien cet été pour pouvoir avancer tout doucement. Mon challenge, c’est d’être le plus fort possible en 2016. Mais les Jeux, c’est dans deux ans et demi. Il faut rester patient, ne pas se blesser. Ça ne m’est pas arrivé depuis un an et je touche du bois. Plein d’athlètes ont réussi à se requinquer mentalement. Ça reviendra avec les résultats. Plus j’éloignerai cette date de ma dernière blessure, plus je ferai des choses sympas, plus la tête va revenir.

« J'ai toujours la hargne »

Où trouvez-vous la force de revenir comme ça ?

La force est toujours autour de moi. Ma famille et mes amis proches m’aident. Il y a des gens qui ne sont pas forcément avec moi au quotidien mais de simples messages font que tu y crois toujours. Aujourd’hui, je ne veux prouver qu’à moi-même que je peux me faire plaisir et que je peux revenir. J’ai fait ce que j’avais à faire quand j’étais plus jeune. J’ai été champion du monde à 22 ans (du 110m haies et du 4x100m à Helsinki en 2005, ndlr) et je me dis : « Si tu as un talent comme les gens le disent, tu peux revenir de loin. » Maintenant, il faut trouver la formule qui marche parce que l’âge vient (il aura 31 ans le 28 mars). J’aurais pu me dire que j’étais un très bon athlète et que j’avais fait le tour. Mais non, j’ai loupé quelques grosses compétitions et j’ai toujours montré que j’étais présent. J’ai toujours la hargne parce que je kiffe ce maillot. J’ai été au fond du trou très longtemps mais je sais que, si je suis en place, je vais revenir. En 2008, j’ai couru en 13’’60 ou 13’’70 toute l’année. Pendant deux mois, je me suis entraîné comme il fallait et je termine quatrième de la finale olympique. J’aurais pu prendre une médaille, voire gagner. Le jour J, il y a toujours une surprise et ça donne envie de se surpasser. J’ai décidé de ne pas partir quand les gens l’auront décidé mais quand il le faudra.

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La rédaction