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La Fédération internationale d'athlétisme piratée

Sebastian Coe

Sebastian Coe - AFP

La Fédération internationale d'athlétisme (IAAF) a été victime d'un piratage informatique de la part du groupe russe Fancy Bear, a annoncé l'instance lundi dans un communiqué. Dans leur viseur, le système d'autorisations d'usage à des fins thérapeutiques (AUT).

La Fédération française des sports de glace n’est pas la seule à avoir connu des problèmes informatiques ce week-end. Alors que le serveur de la FFSG a été paralysé en raison de nombreuses réactions indignées quant au résultat du duo Papakadis-Cizeron aux Mondiaux de patinage d’Helsinki, la Fédération internationale d’athlétisme a quant à elle été piratée par le groupe russe Fancy Bear.

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Les AUT dans le viseur

Ce piratage vise des données confidentielles de l'IAAF: elles portent sur les exemptions accordées à certains athlètes pour leur permettre d'utiliser des produits interdits pour raisons médicales. Ce système d'"autorisations d'usage à des fins thérapeutiques (AUT)" est dans le collimateur de ces hackers russes depuis plusieurs mois.

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"L'IAAF a été victime d'une cyber attaque, dont on suppose qu'elle a atteint les formulaires d'AUT stockés dans les serveurs de l'IAAF", a indiqué cette dernière dans son communiqué.

Des "accès à distance non autorisés au réseau de l'IAAF" ont été détectés "le 21 février, où des métadonnées concernant les AUT d'athlètes ont été collectées à partir d'un serveur de fichiers et stockés dans un nouveau fichier créé", a poursuivi l'IAAF.

Les AUT, autorisées par le code mondial antidopage, sont au centre d'une controverse. Elles permettent aux sportifs de prendre des médicaments inscrits sur la liste des produits interdits, sur prescription médicale.

L’AMA en avait fait les frais

A l'automne 2016, le groupe Fancy Bear avait piraté la base de données Adams, le système de gestion et de localisation de l'Agence mondiale antidopage (AMA). Ce groupe avait ensuite publié par vagues successives les noms des sportifs bénéficiant d'AUT, parmi lesquels Rafael Nadal, Serena Williams, Simone Biles, Bradley Wiggins ou encore Christopher Froome.

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En janvier 2017, l'IAAF avait contacté une entreprise de lutte contre les incidents cybernétiques, pour une enquête technique sur ses systèmes informatiques.

Coe présente ses excuses

Le président de l'IAAF, le Britannique Sebastian Coe, a présenté "les plus sincères excuses" aux athlètes victimes du piratage et "qui avaient confié à l'IAAF des informations qu'ils pensaient en sécurité et confidentielles".

La Fédération internationale d'athlétisme a suspendu depuis le 13 novembre 2015 la Russie de toutes les compétitions internationales -- dont les jeux Olympiques de Rio et les Championnats du monde 2017 à Londres -- après des révélations établissant un dopage d'Etat en Russie.

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JBi avec AFP