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Lavillenie : « Je ne suis plus surpris »

Renaud Lavillenie

Renaud Lavillenie - -

Sur l’antenne de RMC, le champion olympique de saut à la perche est revenu sur son sacre, vendredi, à Londres. Souverain, il assure ne pas être étonné par sa réussite. Sans fausse modestie.

Renaud, quel est votre état d’esprit après une médaille d’or olympique ? Les ressorts sont-ils toujours là ?

Oui. C’était éprouvant physiquement et psychologiquement, mais je n’ai pas lâché le morceau jusqu’à la fin. Je n’étais pas là pour me contenter d’une performance. J’avais les meilleures conditions de l’année. Cela aurait été dommage de les gâcher.

On a le sentiment que la tension vous booste…

C’est vrai. Vendredi, j’étais prêt. Je suis régulier cette saison. Je ne suis plus surpris. Je suis juste prêt pour faire le bon saut au moment où il faut, sans paniquer. Sans être déstabilisé.

Pourquoi avoir tenté votre chance à 6,07m ?

Pour être le 2e homme le plus haut de l’histoire. Sergueï Bubka a mis la barre très haut, à 6,14m en extérieur. Derrière, Steven Hooker est à 6,06m en salle.

Pourquoi ne pas avoir tenté une barre à 6,15m ?

(Rires) Non, 5,97m, c’est déjà énorme ! C’est le record olympique. Je ne pensais pas m’y attaquer avant le début de la compétition. 

Bubka était présent lors de la remise des médailles. Votre ressenti ?

C’est magique ! Auparavant, il était inaccessible pour moi. Quand il a arrêté sa carrière, il n’était pas forcément super cool avec les nouveaux. Je ne sais pas pourquoi, mais il est adorable avec moi. Il a beaucoup d’espoirs, ça fait extrêmement plaisir. Peut-être qu’il se retrouve dans ce que je fais. Il y a presque une petite complicité qui s’installe entre nous.

On a vu une belle solidarité entre les perchistes…

Oui, on a l’habitude de passer énormément de temps ensemble. Hier (vendredi), on est arrivé au stade à 17h45 et je suis reparti à 22h. J’ai éteint les lumières du stade (rires). On passe 3-4 heures ensemble une dizaine de fois dans l’année. Ça créé des liens.

Vous faites désormais partie des têtes d’affiche de l’athlétisme français. Etes-vous prêt à assumer ce statut ?

Ce n’est pas vraiment quelque chose de nouveau. C’est très loin d’être désagréable. Si je peux le rester jusqu’à la fin de ma carrière, ça me va…